ALM. Quel regard portez-vous sur ce qui s’est passé à Casablanca ?
Abdelaziz alaouite Hafidi : Autant je suis sidéré, outré et stupéfait devant les massacres odieux et sauvages perpétrés par les auteurs du terrorisme qu’à l’instar de toute la société marocaine, je condamne sans réserves et sans aucune autre forme de procès, autant je reste indigné en attendant quelques voix éparses qui s’aventurent en essayant d’en examiner les causes, comme si le terrorisme pouvait avoir une justification.
Celui-ci étant illicite, inhumain et illégal ne saurait trouver une base licite humaine et légale.
Nul ne peut se prévaloir de sa propre sottise d’un quelconque faux-fuyant. Il s’agit pour les Marocains d’être tous unis contre le terrorisme.
Même vis-à-vis de l’opinion publique internationale, il est de notre devoir de condamner sans réserves le terrorisme.
À ceux qui parlent déjà des attentats en Palestine, nous répondons que nous n’avons ni les conditions des Palestiniens, ni leur cause. Rien ne justifie le recours à de tels actes barbares.
Lors des séances plénières du Parlement, certains députés ont tenté d’expliquer le terrorisme par la donne de la crise économique. Qu’en dites-vous ?
On ne dialogue jamais avec l’illicite. À fortiori, on ne peut dès lors chercher ce qui peut le faire mouvoir.
Il est également temps que le gouvernement présente au Parlement, le plus rapidement possible, le projet de loi sur la constitution et l’organisation des partis politiques qui tarde à venir.
Il nous appartiendra de fixer les critères sur lesquels doit se baser la création d’un parti politique, en dehors de toute considération ethnique, régionale, religieuse, ou autres.
La politique devra alors être mieux perçue, l’amalgame sera levé et la confusion aura disparu.
Ceci dit, il faut reconnaître que n’importe qui pourra créer un parti politique et que jusqu’à présent, nous n’avons pas encore débattu de certains critères, en ce qui concerne la constitution et le fonctionnement des formations partisanes. Sachant que la politique est une question de fonctionnement des pouvoirs de l’Etat et du rôle de chacun. La question religieuse relève, en premier lieu, des attributions du Commandeur des croyants, Amir Al Mouminine.
Tout amalgame à ce niveau se doit de disparaître et les instances qui l’alimentent sont appelées à être dissoutes. Il y va de l’avenir de notre pays, de son unité et de sa stabilité.








