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Éditorial : Au-delà des slogans…

Le Maroc est descendu massivement dans la rue le dimanche 25 mai pour dénoncer comme un seul homme le terrorisme dans une marche impressionnante à Casablanca. Au-dessus des têtes dominait la vision des couleurs nationales agitées par les manifestants comme une expression du patriotisme dans la conjoncture douloureuse que traverse le pays en ce moment. Consternée et révoltée à la fois par les attentats-suicides qui ont dévasté Casablanca le 16 mai dernier, la nation tout entière, à l’appel des partis de la majorité, se mobilise donc contre un phénomène dangereux que les Marocains n’avaient jamais connu auparavant. Après le choc le déclic.
Au-delà des victimes innocentes qu’il engendre et l’ambiance de peur qu’il installe dans les esprits, le terrorisme aveugle est un ennemi fatal qui génère là où sévit le sentiment de frilosité. La frilosité des capitaux et celle des touristes dès lors que le pays visé se voit promptement collé à son fronton “ pays à risque“. En un mot, le terrorisme tue la confiance, ce bien inespéré dont le Maroc a grandement besoin pour combattre la pauvreté et l’exclusion et envisager l’avenir avec sérénité. Depuis son accession au Trône en juillet 1999, S.M le Roi Mohammed VI, conscient de l’immensité des défis qui attendent le pays en matière de développement, s’est attachée à conduire sans relâche cette entreprise ambitieuse en étant extrêmement actif à la fois sur le front économique et social. Certes, il ne faut pas abdiquer devant les poseurs de bombes et les kamikazes. Par leurs actions dévastatrices, ils cherchent justement à déstabiliser l’État et à faire douter la population. Ceci étant, il ne suffit pas de diaboliser le terrorisme encore moins de crier des slogans pour le combattre.
C’est pour cela que la marche de Casablanca du 25 mai doit signer une nouvelle refondation de la nation marocaine sur de nouvelles bases concrètes. En effet, la réponse aux événements tragiques du 16 mai, qui représentent une alerte sérieuse, doit pouvoir être à la mesure de la menace qui guette le Maroc. D’abord, les partis politiques qui ont organisé cette marche nationale sont interpellés plus que jamais. Ils sont invités à s’appuyer sur cette initiative pour repenser dès maintenant leur mission et leur action en dépassant les meetings de circonstance pour faire le travail qui est le leur. Celui d’encadrement et de “conscientisation“ de la population et de la jeunesse. La démocratie ne saurait être effective sans vrais partis politiques capables d’occuper le terrain et de combler le vide.
C’est cette démission des élites politiques que les kamikazes et leurs commanditaires intégristes ont exploitée en partie pour perpétrer des actes sauvages à Casablanca. Ensuite, les opérateurs économiques nationaux sont concernés à leur tour par ce qui s’est passé. Il s’agit de trouver en collaboration avec le gouvernement les moyens appropriés de créer des richesses et non des riches de telle sorte d’introduire une bonne dose de bien-être social dans les couches défavorisées. La misère et l’exclusion, c’est connu, n’engendrent que le désespoir meurtrier comme celui qui a ravagé la plus grande ville du Royaume. Que tout le monde assume ses responsabilités. Au travail.