Les études menées jusque-là en particulier sur l’Afrique se sont presque toutes orientées sur la problématique de la structuration de l’État et du processus de démocratisation alors que les recherches sur l’observation, la formulation et l’exécution des projets et des politiques publiques restaient bien minces. «Il importait de porter notre recherche sur l’effectivité et les résultats de la gouvernance de l’État à travers l’observation des politiques publiques élaborées et exécutées dans un contexte d’urgence» estime Arnaud de Raulin Professeur à l’Université d’Artois dans sa communication destinée au colloque. Si le concept de gouvernance assimilé à l’État de droit est désormais dans le domaine public et de la grammaire politique, la co-gouvernance renvoie aux perspectives de renouvellement de l’analyse et de la maîtrise des relations entre d’une part le gouvernement et d’autre part les organisations privées et publiques institutionnalisées. «La bonne gouvernance» en tant que nouvelle conditionnalité et en tant que nouveau modèle de référence culturellement idéologiquement marqué, peut apparaître à ses destinataires comme l’enveloppe d’un rapport de domination» estime le professeur.
De son côté, Lotfi Chedly, Docteur en Droit chargé de cours à la faculté de Droit de Tunis axe sa communication sur l’axe de réflexion relatif au statut et au rôle nouveau des autorités publiques. L’expérience tunisienne est riche en enseignements.
Si le recours à l’arbitrage dans les litiges internes reste limité, estime l’universitaire, et de ce fait la prise en considération du rôle nouveau des personnes publiques n’est que partielle, le recours à cette justice privée en matière internationale devient le principe : l’Etat et les personnes publiques sont ainsi perçus, et traités comme des opérateurs du commerce international à part entière.
«Il est légitime de se demander s’il est compatible avec les spécificités du service public » estime pour sa part Noureddine Hachami Professeur à l’ISCAE revenant abondamment sur «La compatibilité du management avec les spécificités de l’administration». Pour lui, une telle interrogation amène d’abord à évacuer la contradiction supposée entre les principes du service public et le management. Elle nous invite d’autre part à réactualiser notre "lecture" desdits principes à la lumière de l’évolution du contexte. Elle nous amène enfin à découvrir que les techniques du manager ne remettent pas fondamentalement en cause les principes de fonctionnement de l’administration, mais éclairent leur "mise en oeuvre" par un rapport au temps révisé (la planification), une approche de "l’organisation" affranchie des organigrammes standard, un rapport aux ressources humaines qui invite à une relecture du statut de la fonction publique et enfin, une approche du "contrôle" orientée vers l’évaluation des performances et non vers la régularité procédurale.









