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Choubani: « La balle est dans le camp du gouvernement »

© D.R

ALM : Que pensez-vous des grèves observées par les détenus islamistes qui revendiquent la révision de leurs procès?
El Habib Choubani : Il faut rappeler que les associations de défense des droits de l’Homme, qu’elles soient nationales ou internationales, ont quasiment toutes réalisé des rapports concernant les évènements douloureux du 16 mai 2003. En résumé et de manière assez soft, je pourrais dire que ces associations ont estimé que les procès manquaient sérieusement d’équilibre.
En outre, le Souverain a déclaré dans une interview que des dépassements ont eu lieu. Enfin, la situation dans les prisons, de manière générale, mérite une grande réforme.
Tout ceci pour vous dire qu’il est tout a fait normal que les détenus s’expriment en faisant grève.

A votre avis, le gouvernement devrait donner une suite à ces rapports des associations de défense des droits de l’Homme…
Le gouvernement doit prendre rapidement au sérieux cette affaire. Les procès des détenus dans le cadre de la loi antiterroriste et les irrégularités soulevées par les défenseurs des droits de l’Homme ont énormément terni l’image de marque du Maroc. A voir le nombre de détenus jetés en prison, on a l’impression que notre pays est peuplé de kamikazes et de terroristes. Ce qui est, évidemment, totalement faux. Le peuple marocain est connu pour sa tolérance.

Quel serait la solution la plus judicieuse à votre avis ?
Tout d’abord, le gouvernement doit faire preuve de réactivité à l’égard de tout ce qui s’écrit et se dit au sujet des procès et conditions de détention des prisonniers. Les procès n’ont pas été justes, le gouvernement doit donc étudier cas par cas et Partant, faire son autocritique. Cela nécessite un peu d’audace, je le reconnais. Mais il n’est pas honteux d’avoir commis une faute; Ce qui est dramatique, c’est ne pas la reconnaître. Je citerais l’exemple de l’Instance Equité et Réconciliation. C’est un traitement positif et courageux de notre Histoire.
Par ailleurs, le gouvernement doit prendre à bras-le-corps le problème des conditions de détention dans les prisons marocaines. Les détenus ne doivent nullement être considérés comme des lépreux.

Quel rôle a joué le PJD dans cette quête de la vérité?
La conscience du PJD est, sur ce point, totalement tranquille. Nous avons joué notre rôle constitutionnel, notamment au sein du Parlement. A chaque occasion, même dans des rencontres privées avec des ministres, nous soulevons ce problème. La balle est donc aujourd’hui dans le camp du gouvernement. Celui-ci doit examiner, comme je vous l’ai dit, cas par cas. Et ceux qui ont été injustement condamnés doivent recouvrer leurs droits.

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