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Lula da Silva préoccupe Israël

Avant un sommet sans précédent organisé par le Brésil mardi et mercredi entre Amérique du Sud et Ligue arabe, des sources diplomatiques israéliennes à Brasilia ont jugé Lula "nettement plus sensible au discours palestinien qu’à nos positions". "Nous savons que le PT (Parti des Travailleurs, créé par Lula en 1981) a toujours eu de bons rapports avec les Arabes, mais nous n’imaginions pas un tel éloignement" vis-à-vis d’Israël, ont ajouté ces sources.
Lors d’une visite au Brésil en mars, le vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert avait estimé que ce pays ne pourrait participer au processus de paix au Proche-Orient que s’il entamait "un dialogue politique sérieux avec Israël". Selon les sources diplomatiques, une partie de la communauté juive brésilienne a été déçue du fait que Lula ait visité cinq pays arabes fin 2003 sans passer par Israël. Israël redoute que le sommet de Brasilia entre 34 pays sud-américains et arabes ne se transforme en un "grand forum anti-israélien". Le projet de déclaration finale de la rencontre critique Israël et apporte un soutien appuyé aux Palestiniens. Les interrogations israéliennes remontent à l’an dernier, lorsque le Brésil a ouvert une représentation diplomatique à Ramallah, en Cisjordanie.
En mai 2004, Lula a créé le poste d’ambassadeur itinérant pour le Moyen-Orient afin de souligner "l’intérêt du Brésil à participer plus activement aux efforts internationaux relatifs au processus de paix israélo-palestinien", selon le communiqué officiel de l’époque. Les opérations militaires dans les territoires palestiniens au cours des douze derniers mois, notamment dans la bande de Gaza, ont valu à Israël de virulentes critiques brésiliennes. En janvier, le secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Nilmario Miranda, se plaignait des difficultés imposées par l’armée israélienne aux observateurs internationaux ayant suivi l’élection présidentielle palestinienne. "Ils ont les armes et le soutien des Etats-Unis", s’était-il indigné, ajoutant que l’envoi d’une délégation était une "démonstration du soutien du gouvernement brésilien aux Palestiniens".
Des diplomates brésiliens ont nié tout changement des "principes de neutralité" traditionnellement défendus par Brasilia, taxant de "crise de jalousie" les protestations israéliennes. "Nous avons d’excellents rapports avec Israël et il est parfois normal que nous manifestions notre désaccord sur certains points, comme deux amis qui discutent franchement", a expliqué à l’AFP un diplomate brésilien. Selon Gunter Rudzit, professeur de Relations Internationales à la Fondation Armando Alvares Penteado (Sao Paulo), les efforts déployés par Lula au Proche-Orient ont surtout des motivations commerciales. "Les Brésiliens ont compris comment traiter la question palestinienne, très importante pour les Arabes, mais leur but est de faire des affaires dans la région".

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