La Banque mondiale dévoile son rapport «Les femmes, l’Entreprise et le Droit»
Près de 2,4 milliards de femmes dans le monde ne possèdent pas les mêmes droits économiques que les hommes, selon l’édition 2022 du rapport «Les femmes, l’Entreprise et le Droit» publié par la Banque mondiale. Les femmes ne jouissent que des trois quarts des droits reconnus aux hommes. Ce nouveau rapport mesure les lois et règlementations de 190 pays dans huit domaines ayant un impact sur la participation économique des femmes : mobilité, travail, rémunération, mariage, parentalité, entrepreneuriat, actifs et retraite. Ces données permettent de mesurer les progrès mondiaux réalisés en matière d’égalité des sexes. Le Maroc obtient un score de 75,6 sur 100 au même titre que la Chine. Notons que le score global du Maroc est égal à la moyenne mondiale (75,6). Notons que les économies du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord affichent le score moyen le plus bas qui s’établit à 53 sur 100. Dans les détails, le Maroc obtient le score maximal de 100 points pour trois indicateurs: mobilité, travail et entrepreneuriat, signifiant qu’aucune contrainte juridique n’existe dans ces domaines. Autrement dit, les femmes marocaines ne sont donc pas restreintes par la loi dans leur liberté de mouvement, d’accès au marché du travail et d’entreprendre.
Le Maroc obtient un score de 80 points pour l’indicateur maternité, 75 pour les pensions de retraite, 60 pour le mariage, 50 sur la rémunération et 40 sur la gestion d’actifs. Au niveau mondial, seulement douze pays ont obtenu la note maximale de 100, à savoir la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, la Grèce, l’Islande, l’Irlande, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal, l’Espagne et la Suède. Dans ces pays, les femmes sont sur un pied d’égalité avec les hommes dans tous les domaines mesurés par l’indice. En revanche, en bas du classement, figurent le Qatar avec un score de 29,4 sur 100, le Soudan (29,4), le Yémen (26,9) , la Cisjordanie et Gaza (26,3).
«Les écarts les plus tenaces demeurent dans les domaines de la rémunération et de la parentalité, ce qui montre que de nombreuses économies ont encore des restrictions à supprimer ou doivent introduire les prestations et les droits juridiques identifiés comme de bonnes pratiques», indique le rapport. Parmi les régions, les pays à revenu élevé de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Europe et l’Asie centrale, ainsi que l’Amérique latine et les Caraïbes obtiennent les scores moyens les plus élevés. Ce sont les économies du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui affichent le score moyen le plus bas, à 53. La Banque mondiale signale dans son rapport que les femmes dans cette région ne bénéficient que de la moitié des droits juridiques dont disposent les hommes. Toutefois, c’est la région qui a le plus amélioré ses lois grâce à des réformes dans cinq économies, à savoir le Bahreïn, l’Égypte, le Koweït, le Liban et Oman. Une analyse des modalités de mise en œuvre des lois révèle un écart important entre la législation en vigueur et son application. La Banque mondiale estime que les lois ne suffisent pas à elles seules à améliorer l’égalité des sexes: les facteurs en jeu englobent non seulement leur respect et leur application, mais aussi les normes sociales, culturelles et religieuses. Ces écarts seront étudiés de manière plus approfondie dans les prochaines éditions des rapports Les Femmes, l’Entreprise et le Droit.









