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Un projet pilote pour l’autonomie énergétique des oasis

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Afin de lutter contre les changements climatiques

68% des projets d’adaptation et 21% des projets d’atténuation ont obtenu un financement. De même, certains projets ont bénéficié d’un appui financier du Fonds climat.

Lutter contre les effets des changements climatiques passe par une bonne gouvernance locale. Initiatives citoyennes, promotion de l’entrepreneuriat au niveau régional, efficacité énergétique, disponibilité des offres de services, usage des nouvelles technologies… Autant de pistes qui permettent de trouver des solutions plus adaptées aux populations locales tout en perpétuant l’écosystème existant. Pour en décrypter les principaux axes, l’initiative citoyenne OTED avec le soutien du Groupe OCP a organisé le 14 avril 2022 la 4ème édition de «Parlons Territoires» sous le thème: «Territoires : les chantiers de l’adaptation climatique». Cette nouvelle table ronde, sous forme de webinaire, a donné la voix aux experts afin de proposer les chantiers de l’adaptation climatique au niveau des territoires.

Les actions menées

Après avoir étayé le processus de mise en place du Plan territorial de lutte contre le réchauffement climatique (PTRC) dans la région Souss-Massa, celle-ci étant la première à avoir lancé ce plan sur la période 2017-2022, Ibrahim Hafidi, directeur général de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), a rappelé qu’au Maroc il y a neuf régions qui ont commencé à mettre en place le PTRC dont cinq sont déjà abouties. Ainsi, 68% des projets d’adaptation et 21% des projets d’atténuation ont obtenu un financement. De même, certains projets ont bénéficié d’un appui financier du Fonds climat comme celui de replantation de l’arganier sur des terres dégradés d’environ 10.000 hectares qui nécessite pour sa réalisation un investissement de 50 millions de dollars. Cette initiative va permettre d’économiser 600.000 tonnes d’émissions de carbone, selon Ibrahim Hafidi. Pour sa part Ahmed Baroudi, directeur général de la Société d’investissements énergétiques (SIE), a mis l’accent sur le manque de disponibilité des ressources humaines dans le milieu rural. Il estime qu’il y a aujourd’hui «un déficit d’offre de services dans le milieu rural. Vous avez beaucoup d’agriculteurs qui choisissent d’investir dans le pompage solaire par exemple, ils arrêtent très vite d’utiliser leurs infrastructures dès la première panne parce qu’il faut attendre qu’un technicien arrive de Casablanca pour intervenir.

Ça coûte cher. Mais eux en attendant, au jour le jour, ils doivent arroser. Par conséquent, ils ont recours à la bouteille de butane». Sur les offres de services, il souligne : «Nous avons développé un concept qu’on se propose de mettre en place en pilote dans une ou deux régions. Et justement, nous sommes en discussions avec le président de la région de Souss-Massa». Selon le président de la SIE, cette région s’y prête parce qu’elle dispose des compétences nécessaires et l’agriculture dans le milieu rural est une grande part de l’identité de la région. Par ailleurs, un projet sur l’autonomie énergétique sur l’ensemble des oasis du Maroc est en cours d’étude entre la SIE et l’Andzoa. Ce projet pilote devrait prendre en premier lieu une oasis qui intègre une chambre froide, de l’habitation et de l’éclairage. L’objectif étant de réduire cette consommation énergétique. De son côté Dounia Mseffer, journaliste et co-autrice de «Maroc : justice climatique, urgences sociales» qui a mené une enquête dans la palmeraie de Skoura, a mis en exergue les mécanismes de concertation citoyenne et cité l’ensemble des problématiques de cette oasis menacée de disparition en raison des changements climatiques. Dans ce sens, Dounia Mseffer a souligné la nécessité de faire participer les populations locales dans la prise de décision au niveau local pour surmonter les difficultés que connaît cette localité.

La technologie, un allié incontournable contre les défis environnementaux

Pour s’adapter aux nouvelles pratiques agricoles et lutter contre les changements climatiques, les agriculteurs sont amenés à utiliser les nouvelles technologies pour leur permettre d’avoir le maximum d’informations sur le sol. C’est ce que propose AgriEdge qui est une plateforme de services d’agriculture de précision. «Les nouvelles technologies numériques permettent à la fois d’analyser et d’estimer les besoins exacts des cultures et des élevages pour soutenir la production. Elles permettent également de mesurer l’intensité des facteurs climatiques impactants et de faire le rapprochement entre les besoins et les conditions climatiques et mettre en fin de compte à la disposition de l’agriculteur et le producteur une recommandation pour les pratiques agricoles les plus appropriées afin de leur permettre de s’adapter aux conditions climatiques», relève Faissal Sehbaoui, directeur général d’AgriEdge.