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Le FMI le confirme lors d’un point de presse : Le Maroc engagé dans des mesures plus ciblées

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Le FMI prévoit de bonnes perspectives économiques pour le Maroc au titre de l’exercice 2023. L’économie nationale devrait atteindre une croissance de 4,6% l’année prochaine.

Après avoir dévoilé ses perspectives de l’économie mondiale, le FMI décortique les tendances régionales. Un point de presse a été consacré, mercredi 27 avril, au MENA et Asie centrale. Les perspectives de reprise dans la région ressortent disparates. La détérioration menace les économies de cette zone géographique. Les risques restent liés, entre autres, à une éventuelle prolongation de la guerre en Ukraine, de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie ainsi qu’un possible désancrage des anticipations d’inflation.
«La guerre en Ukraine devrait dominer les perspectives pour 2022. Elle vient s’ajouter à des circonstances défavorables, à savoir la normalisation de la politique monétaire plus rapide que prévu dans les pays avancés et le ralentissement en Chine, qui est un grand marché d’exportation pour bon nombre des pays exportateurs de pétrole de la région», souligne à cet égard Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI.
En effet, le conflit en Ukraine constitue un nouveau choc notamment pour les pays importateurs de pétrole de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Ils sont en effet exposés à travers les cours des produits de base et les circuits financiers internationaux ainsi que via leur dépendance à l’égard des importations de blé. «Nous tablons sur une croissance du PIB réel de 5% en 2022 dans la région MENA et Asie centrale. Si cette prévision a été revue à la hausse de 0,9 point de pourcentage par rapport à octobre, elle cache de grandes disparités entre les pays. En effet, les pays exportateurs de pétrole bénéficient d’une révision à la hausse sous l’effet d’une augmentation des prix de l’énergie et de la production conformément à l’accord des pays de l’OPEP+, tandis que les pays émergents, les pays à revenu intermédiaire et les pays à faible revenu pâtissent pour la plupart d’une révision à la baisse», explique M. Azour.

Une révision à la baisse des prévisions du Maroc

Le Maroc n’est pas à l’abri de ces incertitudes. Dans ses dernières prévisions, le FMI a révisé à la baisse ses projections pour le Royaume. Ainsi, l’économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance de 1,1% en 2022 contre une prévision de 3% annoncée en janvier. Pour Jihad Azour, plusieurs facteurs expliquent cette révision à la baisse. Le responsable évoque en premier l’impact de la sécheresse sur le rendement agricole du pays. Le conflit en Ukraine contribue également à la décélération du rythme de croissance de l’économie nationale.
«Le Maroc a également été touché par cette crise en raison de la hausse des prix des matières premières, des prix du pétrole, ainsi que de son effet indirect dû à l’impact de ce conflit sur les marchés partenaires du Maroc, notamment le marché européen», relève-t-on du directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Jihad Azour n’a pas manqué de saluer les efforts du gouvernement pour contourner les effets de cette conjoncture sur la dynamique économique du pays.
Selon le responsable, le gouvernement marocain engage aujourd’hui des mesures plus ciblées à l’instar de l’appui financier aux transporteurs ou encore l’élargissement de la fourchette de soutien destinée à certaines catégories sociales pour atténuer l’effet de la crise sanitaire en plus du chantier en cours pour réformer la politique sociale du pays ainsi que les mesures engagées pour relancer les secteurs économiques lourdement impactées par la conjoncture actuelle. Il est à noter que le FMI prévoit de bonnes perspectives économiques pour le Maroc au titre de l’exercice 2023. L’économie nationale devrait atteindre une croissance de 4,6% l’année prochaine. Pour ce qui est de l’inflation, elle devrait atteindre, selon le FMI, 4,4% au Maroc en 2022 avant de revenir à 2,3% en 2023.

Des pistes pour une croissance plus solide

Face à ce contexte incertain, le FMI dresse pour les pays de la région les mesures à prendre pour s’engager sur une trajectoire de croissance plus solide. «À court terme, les pays devraient réfléchir à plusieurs priorités d’action. En premier lieu, ils devraient se pencher sur un ajustement de la politique monétaire en fonction de la situation de chacun afin de juguler l’inflation et d’éviter de compromettre la reprise. Compte tenu de la volatilité des marchés, ils devraient laisser les taux de change s’ajuster, en intervenant uniquement pour éviter toute perturbation des marchés», fait savoir M. Azour. L’impératif étant d’accélérer les réformes structurelles pour atténuer l’impact sur la croissance du resserrement des politiques macroéconomiques et remédier aux séquelles à long terme de la pandémie et de la guerre et améliorer la résilience future. Le FMI appelle dans ce sens à repenser la portée et la nature des dépenses publiques et, dans le contexte du retrait des mesures de soutien, de réaffecter les dépenses pour développer les filets de sécurité et améliorer leur ciblage.
L’heure étant également de renforcer les capacités de création de recettes pour garantir la viabilité des finances publiques et l’équité fiscale et d’aider à atteindre les objectifs de développement ainsi que d’entreprendre des réformes de la gouvernance et des réformes structurelles pour promouvoir l’activité privée, stimuler la productivité et réduire le secteur informel. La prise de mesures d’adaptation au changement climatique est également de mise.