Le Royaume affiche sa disponibilité à partager son expérience avec ses partenaires continentaux
La dynamique initiée dans le cadre du Plan Maroc Vert en matière d’économie et de valorisation de l’eau d’irrigation sera poursuivie. L’objectif est d’atteindre un million d’hectares couverts par les techniques d’irrigation efficientes et économes en eau.
Face à un monde en proie à des tensions géopolitiques et aux effets parfois dévastateurs des changements climatiques, l’Afrique doit faire face à de nouveaux défis. La résilience des économies africaines devant cette situation se pose avec acuité. C’est le cas notamment pour le secteur agricole. Ainsi, le Maroc à travers le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, avait présidé en novembre à Marrakech l’ouverture de la 5ème Conférence régionale africaine sur l’irrigation et le drainage sous le thème «Gestion durable de l’irrigation pour une meilleure résilience de l’agriculture en Afrique».
Placé sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet évènement scientifique était organisé par l’Association nationale des améliorations foncières, de l’irrigation, du drainage et de l’environnement (ANAFIDE), en partenariat avec la Commission internationale de l’irrigation et du drainage (CIID) et le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Il a offert un espace d’échange et de partage des connaissances et des expériences entre les professionnels, les chercheurs et les décideurs de plus de 50 pays, notamment africains. Le but étant de trouver des solutions durables pour gérer l’utilisation de l’eau dans l’agriculture. À cette occasion, le ministre est revenu sur l’importance de la gestion rationnelle de l’eau et son économie en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets. Il a rappelé que le Maroc avait proposé lors de la COP22 tenue à Marrakech une série d’initiatives dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, notamment l’initiative d’adaptation de l’agriculture en Afrique (Triple A) qui s’inscrit dans le cadre de la vision africaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette initiative vise à concevoir des solutions adaptées aux problèmes du continent, notamment en matière de renforcement de l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques.

«Au Maroc, la maîtrise de l’irrigation a tôt été une nécessité pour intensifier la mise en valeur agricole, garantir la sécurité alimentaire, contourner la forte contrainte de l’aridité et faire face aux aléas climatiques, notamment les sécheresses récurrentes qui deviennent désormais structurelles du climat de notre région», a ajouté le ministre. Dans le cadre de la nouvelle stratégie agricole Al Jayl Al Akhdar 2020-2030 et du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, la dynamique initiée dans le cadre du Plan Maroc Vert en matière d’économie et de valorisation de l’eau d’irrigation sera poursuivie. L’objectif est d’atteindre un million d’hectares couverts par les techniques d’irrigation efficientes et économes en eau, avec l’ambition de doubler l’efficacité hydrique à l’horizon 2030 et de faire de l’agriculture irriguée un levier de développement humain et durable.
Compte tenu de l’expérience marocaine réussie en matière de maîtrise de l’irrigation et d’économie d’eau, le ministre a affirmé que le Maroc, promoteur de la coopération Sud-Sud, est ouvert pour mettre son expérience à la disposition des pays africains frères et amis. Organisé en mode hybride (présentiel et à distance), cet évènement rassemble des décideurs, des chercheurs, des bailleurs de fonds et des professionnels de plus de 50 pays, dont une trentaine de pays représentés en présentiel (Afrique du Sud, Burkina Faso, Djibouti, Sénégal, Niger, Mali, Tchad, Nigeria, Zambie, Mauritanie, Ghana, Ethiopie, Egypte, Kenya, Tunisie, Arabie Saoudite, Australie, Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Inde, Indonésie, Japon, Corée du Sud, Russie, Lituanie, Portugal, Nepal…).
La Commission internationale de l’irrigation et du drainage a tenu son 72ème Conseil exécutif international en marge de la conférence. Les deux évènements ont été précédés par une session de formation internationale des jeunes professionnels de l’eau.










