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L’argan marocain cible d’une spéculation internationale ?

© D.R

Des quantités énormes non conditionnées pour la vente en détail expédiées vers l’étranger avant l’instauration d’une licence d’exportation

Les exportateurs désirant bénéficier de licences d’exportation des produits susmentionnés devront déposer leurs demandes sur la plateforme PortNet accompagnées d’une copie de la facture pro-forma.

On en sait un peu plus sur la décision des autorités de réguler les exportations de l’huile d’argan vers l’étranger. En effet, depuis le début de ce mois, l’exportation de l’huile d’argan torréfiée et non torréfiée, en récipient contenant plus de 5 litres, est soumise à une licence d’exportation à la frontière par les services de la Douane marocaine. Ainsi, les exportateurs désirant bénéficier de licences d’exportation des produits susmentionnés devront déposer leurs demandes sur la plateforme PortNet accompagnées d’une copie de la facture pro-forma.

Selon le ministre de l’industrie et du commerce, Ryad Mezzour, «cette décision a été prise suite à la détection d’une exportation excessive des huiles d’argan non conditionnées pour la vente en détail», ce qui porte un préjudice à ce patrimoine international et ne permet pas à la population locale de mieux le valoriser pour mieux profiter de sa richesse. Les responsables comptent ainsi sur les nouvelles mesures à l’export pour la mise en place d’un véritable mécanisme efficace pour la valorisation de ce produit de terroir typiquement marocain dans le but de lui conférer une plus grande valeur ajoutée.

Cette valorisation devrait ainsi permettre à la population locale composée essentiellement des femmes rurales réunies dans le cadre de coopératives ou des petits groupements d’intérêt économique, de réaliser des bénéfices plus importants grâce aux recettes obtenues, ce qui est de nature à rendre ce produit un moyen de lutte contre la pauvreté et la réduction de la pauvreté ainsi que le renforcement de l’intégration sociale.

Nouveau contrat programme

Les mesures gouvernementales destinées à soutenir la filière devraient être renforcées au cours des prochains mois et années. Dans ce sens, le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts annonce qu’un travail est en cours actuellement dans le cadre de la nouvelle stratégie Al Jayl Al Akhdar 2020-2030 pour l’élaboration d’un nouveau contrat programme de nouvelle génération en collaboration avec la fédération du secteur. Prenant en compte les résultats et les défis de celui mis en place au cours des dernières années, le nouveau contrat programme devrait améliorer notamment le contenu, l’approche adoptée et la gouvernance en plus de la réflexion autour de nouveaux mécanismes permettant l’émergence d’une nouvelle classe moyenne agricole ainsi que l’intégration des agriculteurs et leurs familles dans le système de la protection sociale.

Il sera également question de faciliter l’éclosion d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs et d’organisations agricoles, sans oublier la restructuration et la modernisation des dispositifs d’accompagnement et d’encadrement en faveur des agriculteurs ainsi que les coopératives. Concrètement, le gouvernement prévoit à l’horizon 2030 de porter la surface forestière de l’argan à 400.000 hectares. Pour l’argan agricole, l’objectif est d’atteindre à terme une superficie de 50.000 hectares.

Chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires de la filière a plus que triplé au cours des dernières années, passant de 347 millions de dirhams en 2012 à pas moins de 1,13 milliard de dirhams en 2019. Ces performances traduisent la forte demande à la fois sur le plan national et international sur ce produit du terroir typiquement marocain très recherché en raison des ses innombrables vertus. Il faut dire que la stratégie du Plan Maroc Vert avait consacré une place de choix à la filière, ce qui a permis d’augmenter la capacité de production qui a atteint 5.640 tonnes en 2020 contre 4.000 en 2011.

Cependant, la filière doit faire face à de multiples défis liés notamment aux conditions climatiques ainsi qu’au manque de main-d’œuvre principalement depuis la crise sanitaire de Covid-19. Malgré cette situation, les exportations ont enregistré une bonne dynamique avec une hausse de 42%. La valeur de ces exportations est passée de 131 millions de dirhams en 2012 à 278 MDH en 2020.

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Reconnaissance

L’huile d’argan est l’une des plus recherchées au monde. Sa capacité à prévenir les maladies cardiovasculaires et ses bienfaits pour la peau sont scientifiquement reconnus. Pour 1 litre d’huile d’argan, il faut compter environ 60 kilogrammes de fruits, soit autant que pour obtenir 2 kilogrammes d’amandons.

L’argan a progressivement gagné en notoriété dans le monde puisqu’en 2011 un contrat programme entre le gouvernement et la Fédération interprofessionnelle marocaine de la filière de l’argan a été signé à l’échelle nationale. Depuis 2014, l’arganier est reconnu en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

En 2018, il sera reconnu en tant que système du patrimoine agricole mondial par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En 2021, l’Assemblée générale de l’ONU proclame le 10 mai journée internationale de l’arganier.

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