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Moussem d’Assilah : Les mouvements séparatistes en Afrique au cœur du débat

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Dans le cadre des travaux de l’Université ouverte Al-Mouatamid Ibn Abbad

«Près de la moitié des victimes du terrorisme sont tombées en Afrique. Surtout que les organisations terroristes ont réussi à s’étendre et imposer leur domination dans des espaces et des zones sur tout le continent».

Le rideau s’est levé, dimanche 16 octobre, sur la session d’automne du Moussem culturel international d’Assilah, dans sa quarante-troisième édition. Cette cérémonie inaugurale a été marquée par le lancement des travaux du premier colloque de trois jours portant sur le thème «Les mouvements séparatistes et les organisations régionales en Afrique». Ce premier colloque – qui s’inscrit dans le cadre de la trente-sixième édition de l’Université ouverte Al-Mouatamid Ibn Abbad – vient confirmer le grand intérêt porté par la Fondation du Forum d’Assilah pour l’édification d’un espace africain de réflexion et ayant pu ainsi intégrer «Assilah parmi les premières villes à avoir lancé des études africaines à une époque où un tel engagement ne suscitait pas l’enthousiasme du grand monde», a affirmé Mohamed Benaïssa, secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah.

C’est ainsi qu’au fil des ans, l’Afrique a eu droit, selon l’intervenant, à sa part dans les débats, les événements et les prix décernés lors des Moussems culturels d’Assilah. «Le colloque évoqué permettra donc de poursuivre le débat sur la relation existant entre nous qui appartenons à cet espace géographique commun, en s’interrogeant sur la réalité politique au sein de laquelle nous vivons, de même que sur l’avenir vers lequel nous aspirons», a dit M. Benaïssa, faisant remarquer qu’à cet égard, l’objectif poursuivi consiste «à aiguiser une nouvelle énergie de réflexion sur le thème du séparatisme dans le rapport le liant à l’Etat-nation, le débat ouvert sous cet angle étant passé par plusieurs stades et parvenu à accumuler diverses lectures dont le facteur commun sont les préoccupations d’appartenance à un espace commun».

De son côté, Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a tenu dans son discours, dont lecture a été donnée par Fouad Yazourh, directeur général des affaires politiques au ministère des affaires étrangères, fait part des décennies de succès et de réussite du Moussem d’Assilah, qui a consacré les travaux de ce colloque aux mouvements séparatistes et les organisations régionales en Afrique, confirmant ainsi l’intérêt renouvelé porté par le forum à ce genre de débats d’actualité et de grande envergure. Le ministre a tenu à préciser que les défis sécuritaires auxquels faisait face le continent africain restaient dans leur ensemble sans précédent et non prévus. «Près de la moitié des victimes du terrorisme sont tombées en Afrique. Surtout que les organisations terroristes ont réussi à s’étendre et imposer leur domination dans des espaces et des zones sur tout le continent», a dit M. Bourita. Le ministre a tenu à rappeler et comme il avait été souligné lors la dernière réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech, tenue à Marrakech et à laquelle avaient pris part des représentants de plus de 80 pays, que les mouvements séparatistes menaçaient la stabilité en Afrique et contribuaient à l’affaiblissement des pays africains. Ce qui joue en faveur de la remontée en puissance de «Daech et autres organisations terroristes et extrémistes violentes», a-t-il dit.

De son côté, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la jeunesse, de la culture et de la communication, a mis dans un discours, dont lecture a été donnée par Latifa Mouftakir, directrice du livre au département de la culture, en avant le rôle joué par le Forum d’Assilah ayant pu créer grâce à son Moussem un espace de dialogue et de débat autour des sujets prioritaires et des problèmes internationaux avec des recommandations et solutions proposées. «Le séparatisme est l’inverse de la marche naturelle du monde», a-t-il dit, tout en déplorant le fait que le séparatisme ait toujours été un élément perturbateur pour le développement de l’Afrique, du fait de son occupation dans la lutte contre le terrorisme et les guerres déclenchées sur son territoire.

Notons qu’en plus de ce colloque d’ouverture, le programme de cet événement, qui se poursuit jusqu’au 5 novembre, comprend neuf événements politiques, économiques, littéraires et intellectuels et auxquels prend part une pléiade d’environ 400 chercheurs, penseurs, savants, dirigeants politiques, hommes de lettres et professionnels des médias.