EditorialUne

Doper le médicament

© D.R

L’industrie pharmaceutique est l’une des activités manufacturières les plus anciennes au Maroc.

Les premières unités de production de médicaments datent d’il y a plus de 50 ans. Bien que complexe, à dominante scientifique et technique et nécessitant des ressources et des compétences, cette industrie s’est développée au même moment que d’autres plus basiques comme le textile, l’agroalimentaire ou le cuir.

Pourtant et malgré un demi-siècle d’expérience, l’industrie du médicament au Maroc n’a pas véritablement connu l’essor, voire l’explosion, qu’ont connue d’autres filières dont certaines de création plus récente. Aujourd’hui, le médicament dit générique, moins cher et de fabrication locale, représente encore et à peine 40% du volume du marché. Les producteurs de médicaments au Maroc emploient 50.000 personnes seulement, exportent moins de 10% de leur production et contribuent pour moins de 5% du PIB national.

Tous ces chiffres modestes sont à mettre en face d’un formidable potentiel de développement qui a été encore plus mis à l’évidence durant les deux années de crise sanitaire. Dans les années à venir, ce potentiel risque d’être démultiplié grâce à la généralisation de la protection sociale qui élargira la demande sur le médicament. Cela est aussi valable pour le marché africain. Mais si les industriels marocains ne sont pas réellement préparés et outillés pour saisir ces opportunités, d’autres pays concurrents en profiteront…