Le Maroc figure dans le top 30 des nations les plus sûres dans le monde et il est considéré, en 2021, comme étant le pays africain le plus sûr.
L’Institut royal des études stratégiques (IRES) vient de publier son dernier tableau de bord stratégique qui donne un aperçu du positionnement du Maroc sur le plan international dans divers domaines : politique, économique, social, culturel et environnemental. Il comprend plus de 200 indicateurs stratégiques. Ce tableau de bord stratégique permet de mettre en exergue les domaines où le positionnement international du Maroc s’est amélioré ou a reculé. Les principales avancées du Maroc sont relatives à la sécurité, la puissance milliaire, l’environnement (niveau relativement faible des émissions de gaz à effet de serre), la scolarisation et l’alphabétisation, à la gestion de la pandémie de la Covid- 19 et au climat des affaires. En matière de sécurité globale, le Maroc conserve en 2022 son 6ème rang en tant que pays où règne la paix dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).
L’IRES signale que le Maroc figure dans le top 30 des nations les plus sûres dans le monde et il est considéré, en 2021, comme étant le pays africain le plus sûr. Son positionnement au titre de cet indice s’est nettement amélioré, entre 2019 et 2021, grâce notamment à sa bonne gestion de la crise sanitaire. Concernant l’indice mondial du terrorisme, le Maroc figure dans la catégorie des pays les moins impactés par le terrorisme. Dans le classement mondial, le Maroc occupe la 76ème place. En matière de défense, on note une amélioration significative du classement international du Maroc en termes de puissance militaire. Ainsi, le Maroc se positionne en 2022 au titre des capacités de son armée à la 56ème place au niveau mondial sur 142 pays et à la 5ème place au niveau africain.
Quant aux dépenses militaires, elles représentent 3,4% du PIB durant la période 2012- 2020. Par ailleurs, le Maroc a enregistré des progrès en matière de scolarisation. On relève une amélioration notable du taux de scolarisation au niveau de l’enseignement secondaire collégial, qui couvre presque la totalité des élèves de la tranche d’âge 12-14 ans (94,7%). Une généralisation de la scolarisation est à relever au niveau de l’enseignement primaire avec un taux établi à 99,8% en 2021. Toutefois, l’IRES estime que cette massification de l’enseignement cache des insuffisances en termes de qualité.
En dépit d’importantes avancées au niveau du taux net de scolarisation de l’enseignement secondaire qualifiant, concernant la tranche d’âge 15-17 ans (71,1%), il reste encore insuffisant. L’Institut juge que cette situation affecte le développement et le capital humain du pays. Des efforts importants ont été entrepris pour combattre l’abandon scolaire. Une baisse notable du taux cumulé d’abandon scolaire dans l’enseignement primaire entre 1999 et 2021 a été enregistré. Cette amélioration s’explique par les divers programmes mis en place.
Les dépenses à la charge des ménages représentent 50,7% des dépenses globales de santé
Le Maroc s’est démarqué particulièrement par sa gestion de la crise sanitaire de la Covid-19. Le Royaume a lancé, dès janvier 2021, une campagne massive, ayant permis la vaccination, à fin octobre 2022, de près de 67% de la population marocaine : 23,4 millions de personnes ont reçu les deux doses sur une population totale de 36,7 millions d’habitants. En revanche, le rapport indique qu’un accès aux services de santé est loin d’être généralisé et qu’il reste conditionné par le niveau de solvabilité des ménages, lesquels supportent encore plus de la moitié des dépenses totales de santé. En effet, les dépenses à la charge des ménages représentent 50,7% des dépenses globales de santé. S’agissant de l’indice de sécurité sanitaire mondiale, le Maroc occupe la 108ème place sur 195 pays, soit un positionnement international intermédiaire au titre de cet indicateur.
Indice du progrès social : Amélioration du classement international du Maroc entre 2013 et 2022
S’agissant de l’indice de prospérité et de bien-être, l’IRES relève que le positionnement du Maroc nécessite d’être fortement amélioré, en raison des performances insuffisantes affichées en termes de capital social, d’éducation et d’environnement naturel. Le Maroc occupe la 91ème place dans le classement mondial en 2021.
Cela dit, le Maroc demeure toujours bien classé au titre des composantes de l’indice, inhérentes à la sécurité, aux conditions de vie, aux infrastructures ainsi qu’aux conditions de création et de compétitivité des entreprises. On note une amélioration du classement international du Maroc, entre 2013 et 2022, au titre de l’indice du progrès social. Le Maroc occupe la 100ème place sur 169 pays en 2022.
Concernant l’indice mondial du bonheur, l’IRES signale un recul du positionnement international du Maroc au titre de cet indice relativement moins favorable. Le Royaume est ainsi passé de la 99ème place en 2010 à la 100ème place en 2022. L’IRES estime que «pour que ce positionnement s’améliore à l’avenir, le Maroc devra achever, dans les meilleures conditions, la généralisation de la couverture sociale et améliorer la qualité de vie de ses habitants».

Environnement : Encore des efforts à faire
Le Maroc, un pays faiblement émetteur de gaz à effet de serre, mais fortement concerné par le réchauffement climatique. En matière de performance environnementale, en amélioration depuis 2000, le positionnement international du Maroc a affiché une nette baisse, entre 2020 et 2022, qui s’explique principalement par les contre-performances en matière de préservation des services écosystémiques et de la biodiversité.
Le Maroc est ainsi passé de la 100ème place en 2020 à la 160ème en 2022. S’agissant de l’indice Gren Future,le rapport fait état d’un recul de 10 places du positionnement international du Maroc, entre 2021 et 2022, au titre de cet indice, dû principalement aux performances insuffisantes enregistrées par le Maroc dans le domaine de l’innovation propre et au manque de suivi et d’encouragement des innovations écoresponsables durant l’année 2021.
Pour ce qui est des ressources en eau, l’IRES fait remarquer que la situation est devenue hautement préoccupante, le «capital eau» potentiel moyen par habitant et par an s’approche actuellement du seuil de rareté absolue (500 m3) et se situe en dessous du seuil de pauvreté hydrique, estimé à 1.000 m3 par les Nations Unies. Ce taux est passé de 928,7 m3 par habitant en 2007 à seulement 600 m3 en 2022.









