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Industrialiser l’artisanat

© D.R

Les responsables du secteur de l’artisanat ont eu le nez creux en organisant durant plusieurs semaines des salons dans presque toutes les villes du Maroc.

Les produits d’artisanat ont encore une bonne marge de progression et des parts à gagner auprès du consommateur marocain. C’est même là que se trouve le vrai gisement de développement bien plus important que les achats réalisés par les touristes étrangers. Pour un secteur qui emploie quelque 1,5 million de personnes, en fait vivre entre 6 et 7 millions et engrange annuellement et en période normale un chiffre d’affaires proche des 80 milliards DH, l’artisanat est bel et bien un secteur économique capable, au vu de son poids, de rivaliser avec d’autres secteurs y compris ceux industriels, modernes et de pointe.

Pour peu qu’il soit doté d’une véritable force de frappe commerciale et marketing. Le Maroc s’est doté, certes, depuis longtemps d’instances entièrement dédiées à l’artisanat comme les Chambres et la Maison de l’artisan sans oublier, non plus, la présence constante depuis des décennies d’un département ministériel chargé du secteur.

Mais ces instances, qu’elles soient représentatives, administratives ou gouvernementales, ont souvent eu comme première mission et priorité d’organiser les métiers de l’artisanat dans leur grande diversité et surtout de gérer les aspects sociaux du secteur.

La démarche est parfaitement compréhensible au vu de la situation de précarité qui caractérisait, et continue encore, le tissu productif des artisans. Mais depuis quelques années, des avancées ont été réalisées. Le secteur s’est nettement modernisé et, aujourd’hui, des entreprises marocaines d’artisanat ont pu percer sur le marché national et également à l’international.

A l’instar d’autres secteurs, l’avenir de l’artisanat passe inéluctablement par l’investissement privé massif qui, à son tour, requiert une politique publique incitative.

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