Monde

Manque de pressurisation et de carburant dans le boeing chypriote (enquête)

Dans une lettre adressée au ministre des Transports Michalis Liapis, et rendue publique lundi, M. Tsolakis indique après une semaine d’enquête qu’il "existe des indices de l’existence d’une anomalie technique dans le système de pressurisation de l’avion".
"Si tel a été le cas, cela a eu une conséquence sur la situation physique des passagers et de l’équipage", a-t-il ajouté.
Le médecin légiste Nikos Karakoukis membre de l’équipe qui analyse les corps des victimes a indiqué lundi sur une radio privée que "si les recherches techniques font état d’une depressurisation, on aura alors à faire à un problème d’hypoxémie, une dimininution de la quantité d’oxygène contenue dans le sang". "L’hypoxémie produit en quelques secondes un manque de jugement et un état d’euphorie", a précisé M. Karakoukis. Il y a aussi, ajoute dans sa lettre M. Tsolakis, "la preuve que les réacteurs de l’appareil ont cessé de fonctionner en raison de l’épuisement du carburant qui a été la raison finale de la chute", au lieu-dit Varnava près de Grammatikos, entraînant la mort de 121 personnes. Le responsable de la commission d’enquête souligne par ailleurs qu’"il existe une preuve (…) que pendant les dix dernières minutes un individu portant un masque à oxygène a essayé d’envoyer à deux reprises un message de détresse".
Cette personne a envoyé ces signaux de telle manière que techniquement aucune station ne pouvait les entendre. Le ton de sa voix montrait que c’était un homme surmené et épuisé", ajoute M. Tsolakis.
Les pilotes de deux F-16 grecs envoyés escorter le Boeing après qu’il eut cessé de répondre aux appels du sol n’avaient pas vu le pilote allemand dans la cabine de pilotage, apercevant le copilote "plié en deux, peut-être évanoui", tandis que les masques à oxygène pendaient dans la cabine.
Ils avaient également vu deux autres personnes dans la cabine de pilotage, qui semblaient "tenter de reprendre le contrôle de l’avion". Selon les médias grecs et chypriotes, c’est le steward Andreas Prodromou, 25 ans qui avait des notions de pilotage qui aurait tenté de reprendre le contrôle de l’appareil. Des traces de son sang ont été découvertes sur le manche de pilotage, a indiqué dimanche une source policière. M. Tsolakis relève aussi qu’"il existe des indices selon lesquels le récepteur du système de communication fonctionnait les 30 dernières minutes car des communications avec d’autres avions ont été enregistrées". Les enquêteurs cherchent à savoir "si l’appareil de communication était resté branché sur la fréquence de Nicosie", précise le responsable.
Les enquêteurs attendent encore les résultats de nombreuses recherches, notamment le rapport toxicologique des médecins légistes, le rapport sur les conversations dans la cabine de pilotage, les éléments concernant l’entretien de l’avion, l’équipage, le personnel technique, conclut M. Tsolakis.

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