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Gaza : Le journaliste français est libre

Un preneur de son français de la chaîne de télévision France 3 a été libéré lundi à Gaza huit jours après y avoir été enlevé par des hommes armés dont l’identité et les mobiles restent inconnus.
La libération de Mohammed Ouathi, 46 ans, a été annoncée par des sources sécuritaires palestiniennes à Gaza sans plus de précision. Parlant aux journalistes, peu après sa libération, M. Ouathi n’a rien dit sur ses ravisseurs, se bornant à remercier un groupe armé palestinien, les Comités de résistance populaire, d’avoir "contribué à sa libération". "Je veux dire que j’ai été bien traité et que tout s’est bien passé", a-t-il ajouté.
Présent à la conférence de presse, Marc Otte, émissaire de l’Union européenne au Proche-Orient, a pour sa part qualifié d’"évènement heureux" la libération de M. Ouathi, Français d’origine algérienne grâce aux efforts discrets de la France, des amis, de la police et de l’Autorité palestinienne", a-t-il ajouté. "J’ai vu le président Abbas ce matin, il m’a assuré qu’il suivait l’affaire et que les choses allaient se régler rapidement", a-t-il ajouté en se référant au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
Mohammed Ouathi avait été enlevé le 14 août au soir près de son hôtel par trois hommes armés agissant à visage découvert qui l’ont conduit à bord d’une voiture vers une destination inconnue. Le rapt, qui n’a été suivi d’aucune revendication, a eu lieu peu avant le coup d’envoi du retrait israélien, évènement couvert par des milliers de journalistes. Il a connu son dénouement au moment où les derniers colons juifs, ceux de l’implantation de Netzarim, quittaient le territoire palestinien. Trois autres membres de l’équipe de France 3, à laquelle il appartenait, avaient réussi à échapper aux ravisseurs.
Immédiatement après le rapt, les autorités françaises ont multiplié les contacts avec l’Autorité palestinienne pour obtenir la libération de M. Ouathi. Le président français Jacques Chirac a ainsi appelé au téléphone mardi soir M. Abbas pour lui "demander de faire tout ce qui était possible pour parvenir à la libération" de M. Ouathi. Mercredi, le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy avait déclaré que la France "vérifiait" des informations et était en contact permanent avec l’Autorité palestinienne.
M. Abbas, qui a fait du rétablissement de l’ordre dans les territoires palestiniens l’une de ses priorités, avait condamné ce rapt le 15 août. "Nous ne tolérons pas ces actes anarchiques commis par certains. Les ravisseurs recevront le châtiment le plus sévère et nous les poursuivrons où qu’ils soient", a déclaré M. Abbas à la presse. L’Union des journalistes palestiniens avait également dénoncé ce rapt, le qualifiant "d’acte lâche" qui nuit à la cause palestinienne. Samedi, trois groupes palestiniens, dont les comités de résistance populaire, ont appelé à la libération immédiate de M. Ouathi soulignant que son rapt portait du tort à la cause nationale palestinienne.
Plusieurs étrangers travaillant pour des organisations internationales, notamment l’Onu, ont été enlevés récemment par des hommes armés dans la bande de Gaza avant d’être relâchés sains et saufs. Dans la plupart des cas, les hommes armés ont recours à ces rapts pour faire pression sur l’Autorité palestinienne ou des groupes armés rivaux. A la suite de ces enlèvements, M. Abbas a ordonné à ses services de sécurité de protéger les étrangers travaillant dans les territoires palestiniens.

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