Les représentants des pays africains, membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont voté jeudi soir à Maputo une résolution faisant de la tuberculose une urgence en Afrique où cette maladie provoque 540.000 décès chaque année.
"La résolution exhorte notamment les Etats membres à prendre des mesures immédiates pour appliquer des stratégies d’urgence et intensifier les actions dans la lutte contre la maladie", a déclaré Mario Raviglione, responsable de la lutte contre la tuberculose à l’OMS.
Selon Patrick Bertrand, porte-parole de Campagne Effort massif, organisation internationale de lutte contre la tuberculose, le paludisme et le VIH/Sida, "le fait que les ministres se soient mis d’accord pour que le tuberculose soit déclarée comme une urgence, montre qu’il y a une réelle volonté politique de la combattre". La tuberculose tue chaque jour 1.500 personnes sur le continent africain, soit 540.000 morts par an. L’épidémie de Sida accélère la transmission et le développement de la tuberculose en Afrique où, selon l’OMS, 2,4 millions de nouveaux cas sont répertoriés chaque année.
L’organisation avait fait de la lutte contre la tuberculose l’une de ses propriétés, mais la maladie a continué à progresser en Afrique, selon le directeur-général de l’OMS, Lee Jong-Wook.
"L’incidence est passée à 345 cas pour 100.000 habitants en 2003 et la mortalité est de loin la plus élevée au monde", a-t-il déclaré.
"L’accès universel aux médicaments est un élément déterminant de la lutte antituberculeuse", a pour sa part, estimé le ministre rwandais Jean Damascène Ntawukuliryayo. "D’une part nous devons demander plus de fonds pour résoudre le problème, d’autre part les médicaments et le traitement doivent être gratuits afin de bénéficier au plus grand nombre de patients", a ajouté M. Ntawukuliryayo. Selon un rapport publié pendant la réunion Afrique de l’OMS à Maputo, capitale du Mozambique, qui s’est achevée vendredi, le continent importe 90% des médicaments et les pays pauvres ne représentent que 2,6% de la production mondiale.
En outre, sur 4,4 millions de personnes vivant avec le VIH/Sida en Afrique, à peine 8% ont accès aux traitements antirétroviraux.
Un seul pays, l’Afrique du Sud, développe toutes les activités de production jusqu’au conditionnement des produits finis.









