Monde

Tendus, les habitants restés à la nouvelle-Orléans voient passer Katrina (reportage)

"Il y a beaucoup de bruits bizarres. L’eau est en train de couler dans le Superdome", raconte un journaliste inquiet à une radio locale, alors que l’oeil du cyclone Katrina approchait de la ville, accompagné de vents soufflant à 240 km/h.

"Les responsables nous ont assuré que ce serait l’endroit le plus sûr de La Nouvelle-Orléans (…) L’ambiance commence à être nerveuse", ajoute le reporter alors que des réfugiés ont grimpé dans les gradins du stade pour échapper à l’eau qui s’accumule au niveau du sol.

Des milliers de personnes qui n’ont pu quitter la cité ont trouvé refuge dans le stade géant appelé Superdome, un stade couvert qui abrite d’ordinaire les parties de football américain.

Le Vieux Carré, quartier le plus ancien et le plus pittoresque de La Nouvelle-Orléans, s’est retrouvé plongé dans l’obscurité quand des lignes électriques qui alimentent la métropole ont été arrachées par la violence du cyclone.

L’absence d’éclairage public et la pluie battante qui tombe sur la ville depuis le tout début de la matinée rendent la visibilité quasi nulle dans de nombreux quartiers de la ville.

Les vents sont si puissants qu’à l’hôtel Best Western dans le quartier historique, les meubles tremblent à chaque passage d’une rafale.

Dwayne Carey, 28 ans, est l’un de ces milliers de personnes qui ont trouvé refuge dans des hôtels. Il a décidé de rester parce que la dernière fois qu’il a essayé de partir avant une tempête, cela lui a pris quatre heures pour parcourir 48 kilomètres.

"C’est la première fois que je me trouve au milieu d’une tempête. On va voir ce qui se passe", raconte-t-il à l’AFP, alors qu’il regarde les trombes d’eau tombées depuis le hall du Best Western.

Des clients de l’hôtel traînent au bar. L’un boit une bière, tandis qu’un autre regarde un film sur un lecteur DVD portable. Deux autres clients essaient de filmer le cyclone.

Au première étage, un groupe d’enfants se trouve dans le couloir. Kendra Williams, 17 ans, assure qu’elle n’a pas peur.

La directrice de l’hôtel demande aux gens de retourner dans leurs chambres. "C’est vraiment plus sûr en haut", dit Melisa Kennedy, 31 ans.

Elle a surveillé l’approche du cyclone toute la nuit. "Tout se déroule comme on l’a prévu. Quand on n’a plus eu d’électricité, les générateurs ont démarré. On a des stocks d’essence pour les générateurs", dit-elle.

L’eau a atteint les sacs de sable empilés devant la porte d’entrée de l’hôtel trois à quatre fois dans la nuit mais elle est repartie quand les pompes de la ville se sont mises à fonctionner.

Mais l’eau commence à nouveau à monter et à s’infiltrer sous les sacs de sable à l’intérieur du bar de l’hôtel. "On s’attend à ce que le hall soit inondé", dit Melisa Kennedy.

Par Mira Obeman
AFP