EditorialUne

Instances de façade

© D.R

Le Maroc a institutionnalisé depuis longtemps l’action publique destinée à lutter contre la corruption.

Placée à une époque sous la houlette d’un département gouvernemental, la moralisation de la vie publique a finalement été consacrée à travers une instance indépendante. De manière cyclique, les pouvoirs publics ont également attaqué le sujet à travers des plans d’actions, des programmes, voire des stratégies globales. Tout cela a valu au Maroc pendant quelques années de remonter progressivement la pente des classements mondiaux en la matière après avoir démontré son engagement au plus haut niveau sur ce front.

Mais à l’instar de toute politique publique, il ne suffit pas seulement de mettre en place des structures et des programmes pour prétendre résoudre les problèmes même si toute la volonté y est. Car in fine, c’est la réalisation de progrès et d’améliorations sur le terrain qui peut attester du sérieux de la démarche.

Or, auditionné cette semaine par les députés, le directeur de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption a fait des déclarations qui interpellent, voire inquiètent. Ainsi rien que dans les trois rapports annuels et les quelque 34 rapports thématiques produits sur les trois dernières années, l’instance a fait part aux différentes entités gouvernementales concernées de quelque 1.000 propositions et recommandations. Selon lui, tout cela est pratiquement resté lettre morte et les rapports bien classés dans les tiroirs. Dix années de retard et de détérioration à rattraper. Désolant !