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La nuit, la police fait la chasse aux pilleurs à la Nouvelle-Orléans (Reportage)

Dans certains quartiers, des tirs peuvent être entendus, illustrant le chaos qui semble désormais régner à La Nouvelle-Orléans (Louisiane).

"Les gangs volent tout ce qui leur tombe sous la main. Ils attrapent tout ce qu’ils peuvent et s’enfuient en prenant leurs jambes à leur cou", raconte un habitant qui souhaite garder l’anonymat.

Des automobilistes ont été extraits de leur voiture et frappés jusqu’à ce qu’ils donnent leur portefeuille, témoignent d’autres résidents. Ailleurs, des pilleurs ont mis à sac un magasin de grande distribution, volant de la nourriture, des appareils, des bijoux, des vêtements et dévalisant le rayon des armes. Des distributeurs de billets de banque ont aussi été éventrés.

Les hôtels et les propriétaires de magasins assurent leur propre défense. Un photographe de l’AFP a vu plusieurs d’entre eux sortir leurs armes pour faire déguerpir des pilleurs.

Le président George W. Bush a averti jeudi qu’il n’y aurait aucune tolérance pour les pillards. "Ce doit être la tolérance zéro pour les personnes qui contreviennent à la loi en situation d’urgence comme celle-ci", a dit M. Bush sur la chaîne ABC. Vingt-deux mille Gardes nationaux sont "en chemin", a-t-il dit, précisant que d’autres pouvaient intervenir en cas de nécessité.

Mercredi soir, un Garde national a été blessé par balles et un hélicoptère a été la cible de tirs à La Nouvelle-Orléans, selon la Garde nationale. Le soldat participait à l’évacuation des rescapés du cyclone et a été blessé près du Superdome, un grand stade où quelque 20.000 personnes ont trouvé refuge.

A la tombée de la nuit mercredi, des voitures de police et des camions de la Garde nationale traversaient des rues inondées à vive allure pour se rendre sur les lieux d’attaques, ont indiqué des témoins.

La police déplore deux blessés depuis mardi.

De la fumée s’élève au-dessus du Vieux Carré, centre historique de La Nouvelle-Orléans, et les pompiers peinent à l’éteindre par manque de pression de l’eau.

L’évacuation de malades de l’hôpital Tulane a dû être interrompue après que les hélicoptères de la Garde nationale ont été la cible de tirs, déplore Judy, une infirmière de 62 ans.

Selon des informations de presse, un gang s’est emparé d’un camion d’une compagnie de téléphone pour transporter leur butin, tandis que, selon la chaîne Fox News, deux hommes armés de fusils semi-automatiques AK47 ont ouvert le feu sur un commissariat.

Des milliers de membres de la Garde nationale ont été envoyés en renfort dans la ville pour y restaurer l’ordre tandis que des centaines de policiers épuisés par leur recherche de survivants ont changé de mission pour faire de la sécurité leur priorité.

La Nouvelle-Orléans connaissait déjà, avant le cyclone, les plus forts taux de criminalité des Etats-Unis mais les vols et pillages ont grimpé en flèche depuis lundi.

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