Le 21ème festival international du cinéma d’animation à Meknès (FICAM) qui se poursuit, sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, jusqu’au 8 mars, a la particularité d’offrir une pédagogie sur le relief stéréoscopique en ouverture. Les détails.
Il fait bon apprendre le cinéma d’animation en relief stéréoscopique. Un genre bien démontré, vendredi en ouverture du Ficam, via des projections le temps d’un ciné-concert qui agrémente l’inauguration de cette grand-messe qui rend hommage au cinéma tchèque. C’est quoi alors?
Une invention en image réelle
D’après les explications du producteur français Serge Bromberg, le relief stéréoscopique est «inventé en image réelle». Avant d’illustrer ce cinéma, il projette le film américain de 1935 en couleurs appelé «Musical Memories» Dave de Fleischer, inventeur de Popey alors que le film en relief n’existait pas. «Le cinéma en relief consistait à prendre des dessins et les mettre à l’intérieur des décors réalisés en volume. Sur le dernier plan, le cinéphile voit que ce ne sont que des marionnettes et pas des dessins animés », détaille-t-il. D’après lui, le relief marche d’une manière très simple. «Les yeux ne sont pas exactement à la même place. Ils sont à dix centimètres l’un de l’autre. Ils ne voient pas exactement la même chose et le cerveau mélange les images et les transforme en impression de profondeur. Si on ferme un œil on ne voit pas en relief», explique-t-il en rappelant que les cyclopes ne voyaient pas en relief. Avec des lunettes, en 3D, autre appellation de ce cinéma, une image est faite «pour l’œil droit et une autre pour l’œil gauche pour une projection en même temps sur l’écran en les séparant en même temps pour que chaque œil voie l’image qui l’intéresse». Au début, la première vague du cinéma en relief dure deux à trois ans. «Dans les années 50, le relief est très demandé», avance-t-il avant la projection du film «Working for peanuts» réalisé par Jack Hannah puis le film russe «Break of attractions» sans son que M. Bromberg accompagne au tuyhme de piano. Quant au premier film d’animation en relief, il remonte, d’après lui, probablement à 1939. A son tour, Louis Lumière a tourné en relief.
3 annexes reliées à ce cinéma
En prélude à ces explications, lors de cette manifestation qui rend hommage au grand d’animation Kristof Serrand, qui est «en première visite en Afrique», le directeur des arts Mohamed Benyaacoub s’exprime au nom du ministre de la culture. Pour El Mehdi Bensaid, le cinéma d’animation est «un nouveau métier qui a une place économique». «C’est une industrie culturelle», précise le responsable gouvernemental. L’occasion pour lui de mettre en avant les talents de l’institut des beaux-arts à Tétouan. «Il est temps que cet établissement devienne un pionnier en image animée. Nous devons créer des incubateurs dans ce domaine», estime-t-il. L’objectif est de créer des postes d’emploi contribuant au pib et faire du pays un axe du cinéma d’animation. «Nous travaillons en continu pour créer en septembre prochain trois annexes de l’Institut des beaux-arts de Tétouan, à Oujda, Agadir et Rabat pour que chaque annexe soit spécialisée dans un des domaines de création en relation avec les arts plastiques et arts visuels », annonce-t-il. Le tout en veillant à intégrer des formations sur l’image animée dans les maisons de jeunes et de la culture.
«C’est une économie du futur et nous sommes ouverts sur les talents pour créer une nouvelle économie et une industrie culturelle», se projette-t-il.
Intervenant lors de cette ouverture, le président de la Fondation Aicha, Matricée Devico, met en avant l’effort industriel et socioculturel de cette fondation organisatrice du festival en révélant le repositionnement du Ficam parmi les festivals internationaux. M. Devico, qui rappelle la mascotte Aicha, s’exprime également sur le 2ème Forum des métiers du cinéma d’animation du 3 au 5 mars pour que le festival puisse «contribuer à l’émergence de jeunes talents marocains». «100 étudiants marocains sélectionnés des écoles des beaux-arts et métiers du cinéma et audiovisuel vont bénéficier de formation avec des modules professionnels du cinéma d’animation», ajoute-t-il. L’orateur qui rappelle que la femme est mise à l’honneur lors de cette 21ème édition, a la visée de contribuer à l’émergence d’une véritable industrie autour des métiers du cinéma d’animation. «C’est un secteur très dynamique et créateur d’emploi, voire une industrie très prometteuse au Maroc », estime-t-il. De son côté, la conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France, Agnès Humruzian, également directrice générale de l’Institut français du Maroc, révèle le chiffre de 70 projections dans 12 villes. Pour elle, le festival se veut de « professionnaliser les jeunes en cinéma d’animation». L’occasion pour elle de bien penser au jeune public même s’il n’est pas l’unique cible du Ficam. Dans ce sens, elle révèle 23 projections pour le jeune public de 3O établissements scolaires. Et ce n’est pas tout. «Le marché international de l’animation représente 30% de l’industrie cinématographique mondiale. Le 2ème forum des métiers du cinéma d’animation pose les jalons pour renforcer la légitime place du Maroc et de l’Afrqiue dans cette industrie», s’enthousiasme-t-elle.












