EditorialUne

Bilan eau

© D.R

Avant la fin de cette décennie, les marchandises et biens ne pourront fouler le territoire du marché européen qu’à la condition de répondre aux nouveaux standards en matière de bilan carbone.

D’où la course effrénée actuelle à la décarbonation. Le marché européen ne restera probablement pas le seul à imposer de telles conditions. La tendance est mondiale et irréversible. Elle est le fruit d’un long processus qui a maturé durant des décennies, depuis les années 90. Et c’est devant la gravité des dérèglements climatiques induits par les émissions de gaz, dont le CO2, que la communauté internationale a été acculée à réagir sur le tard.

De la même manière, de plus en plus de pays développés commencent à découvrir et vivre eux aussi le stress hydrique. Et arrivera le moment où, devant l’urgence de la situation, le bilan carbone cédera la place au «bilan eau» qui fera le tri entre les bons et les mauvais produits selon que leur process est responsable ou non en termes de consommation d’eau.

Or, sur ce sujet précisément et contrairement à la décarbonation, le Maroc peut disposer d’une bonne longueur d’avance. L’économie et les entreprises marocaines peuvent anticiper l’arrivée de nouveaux standards dès aujourd’hui et s’y préparer. Et pour cela, de vraies locomotives opérationnelles existent déjà.

A l’horizon 2030, un groupe comme OCP utilisera exclusivement des eaux dites non conventionnelles, provenant de traitement d’eaux usées ou de dessalement. OCP et d’autres grands groupes qui irriguent des écosystèmes de PME peuvent et doivent être des moteurs pour préparer l’économie marocaine aux défis du futur.