Economie

L’entrepreneuriat féminin en perte de vitesse

© D.R

La proportion des femmes dirigeantes reste inférieure à celle des hommes

Autonomisation : Plusieurs défis restent à relever pour booster l’entrepreneuriat féminin ainsi que d’accroître les entreprises dirigées par des femmes.

Malgré les efforts déployés en termes d’autonomisation des femmes au Maroc, l’entrepreneuriat féminin peine à décoller. La gent masculine continue de se tailler la part du lion au moment où les femmes chefs d’entreprises n’occupent qu’une part infime de la structure patronale au Maroc. Plusieurs défis restent à relever pour booster l’entrepreneuriat féminin ainsi que d’accroître les entreprises dirigées par des femmes. Le premier frein reste lié à l’accès au financement.

Le manque de réseautage cause également problème aux femmes dirigeantes sans oublier la difficulté de concilier vie privée et professionnelle. Les quelques chiffres disponibles sur l’entreprise féminine au Maroc témoignent de cette tendance. En effet, une première étude a été livrée courant 2022 donnant ainsi un avant-goût de l’entrepreneuriat féminin au Maroc. Cette analyse menée par l’Observatoire marocain de la TPME se veut première en son genre au niveau national. Elle porte en effet sur la quasi-exhaustivité des entreprises formelles. Il ressort que seules 16,2 % des entreprises actives au Royaume sont dirigées par des femmes.

Un chiffre qui démontre les disparités existantes en termes de genre dans cette sphère. Par statut, on note 25,5 % de femmes auto-entrepreneurs, 16,3 % d’entreprises personnes physiques dirigées par des femmes contre 14,6 % pour les entreprises personnes morales. Par catégorie d’entreprises, les femmes optent plus pour la micro-entreprise plutôt que pour les grandes entreprises. Les taux relevés ressortent respectivement à 15,4 et 13,1%.

La répartition sectorielle témoigne pour sa part des barrières psychologiques qui freinent l’élan des femmes dans le marché du travail. La santé et l’action sociale, les services et l’enseignement sont les secteurs les plus prisés par les femmes dirigeantes. La médecine généraliste et les pratiques dentaires occupent ainsi plus de femmes entrepreneurs. Il en est de même pour la coiffure, les soins de beauté, la blanchisserie-teinturerie qui restent des métiers de femmes. L’analyse par nature d’activité laisse également apparaître que seules 9 % des entreprises opérant dans les transports et entreposages sont dirigées par des femmes, contre 7,4% pour le secteur de la construction et 6,8 % pour les industries extractives. Les écarts sont également visibles sur le plan géographique.

L’entrepreneuriat féminin est de plus en plus important au niveau des provinces du Sud que dans le centre. Se référant aux données disponibles dans la récent rapport annuel de l’observatoire marocain de la TPME, la région de Dakhla-Oued Eddahab recense 28,2 % des entreprises dirigées par des femmes. Elle est ainsi suivie de Laâyoune-Sakia El Hamra avec une part de 26,8 % de l’ensemble des entreprises. Cette proportion revient ainsi à 16,9% pour Casablanca-Settat et Marrakech-Safi. Il ressort par ailleurs que l’entrepreneuriat féminin représente 18% dans les entreprises dont l’âge est inférieur à 2 ans, suivies des entreprises dont l’âge est compris entre 2 et 5 ans (16,6%).

Cette part est limitée dans les entreprises âgées de plus de 10 ans à 13,5%. Il est à noter que le nombre des effectifs déclarés par les entreprises dirigées par des femmes a affiché en 2021 une progression de 3% après un repli de 3,3% en 2020, sans pour autant retrouver son niveau d’avant la crise pandémique.

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