Il s’agit du troisième prêt de politique de développement (PPD) visant à soutenir les réformes du Royaume pour l’inclusion financière et numérique.
Appui aux réformes : Ce prêt vient en complément de deux financements précédents appuyant ainsi le Royaume dans la mise en œuvre des réformes visant à améliorer l’inclusion financière, l’entrepreneuriat numérique et l’accès des particuliers et des entreprises aux infrastructures et aux services numériques.
La Banque mondiale apporte un nouvel appui financier au Maroc. Il s’agit en effet du troisième prêt de politique de développement (PPD) visant à soutenir les réformes du Royaume pour l’inclusion financière et numérique. Le montant approuvé est de l’ordre de 450 millions de dollars. Il vient en complément de deux financements précédents appuyant ainsi le Royaume dans la mise en œuvre des réformes visant à améliorer l’inclusion financière, l’entrepreneuriat numérique et l’accès des particuliers et des entreprises aux infrastructures et aux services numériques. «Ce troisième financement s’inscrit dans les recommandations du Nouveau modèle de développement (NMD) qui souligne la nécessité d’un changement de paradigme visant à promouvoir une croissance inclusive et tirée par le secteur privé afin d’améliorer les services publics et de réduire les disparités sociales et géographiques», explique Jesko Hentschel, directeur pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale.
Et de poursuivre que «le gouvernement du Maroc a commencé à mettre en œuvre ces recommandations en numérisant les programmes de protection sociale, en soutenant le financement participatif et les instruments non bancaires pour les entreprises innovantes et en numérisant la passation des marchés publics pour améliorer l’accès des PME aux contrats publics». En effet, l’inclusion financière s’érige en priorité politique au Maroc. Elle se veut un levier majeur pour la promotion des opportunités d’emploi et l’autonomisation économique des ménages, des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), des femmes, des jeunes et des populations rurales. Son importance a été marquée durant la crise sanitaire. Période durant laquelle les services financiers numériques et les institutions de microfinance ont joué un rôle essentiel dans l’acheminement des aides apportées aux ménages et aux entreprises, ainsi qu’aux populations vivant dans des régions reculées.
Un soutien particulier à la microfinance et l’entrepreneuriat numérique
Se référant à la Banque mondiale, ce troisième financement consolide les réformes initiées par le Maroc en faveur de l’inclusion financière à travers l’amélioration de l’accès des populations rurales, des femmes, des jeunes et des entrepreneurs numériques à une gamme variée de services financiers, en diversifiant les instruments financiers mis à la disposition des entreprises jeunes et innovantes afin d’encourager la création d’emplois. « Ces réformes incluent un nouveau régime juridique pour les institutions de microfinance qui leur permet de recevoir des dépôts et d’étendre leur portée, mais aussi des réglementations permettant de développer la micro-assurance et une nouvelle loi sur les bureaux de crédit pour le traitement des données non financières afin que les personnes non bancarisées puissent bénéficier d’un historique pour accéder au crédit », peut-on relever de Caroline Cerruti, spécialiste principale du secteur financier et coresponsable du Programme à la Banque mondiale. Et de rappeler que « les réformes impliquent également la mise en œuvre de la gestion et des paiements numériques pour le plus grand programme de transfert monétaire du Maroc, Tayssir, qui procure des subventions à 3 millions d’écoliers et contribue à poser les bases de la réforme de la protection sociale».
Le secteur de la microfinance évoluera du statut d’associations à but non lucratif à celui d’institutions de dépôt développant ainsi leurs sources de financement et proposant une large gamme de produits d’épargne et de crédit aux femmes et aux populations rurales. Il est à noter que le nombre de bénéficiaires est largement inférieur à l’objectif de 1,8 million de personnes en 2023 et de 3 millions en 2030, définis dans la Stratégie nationale d’inclusion financière du Maroc. La Banque mondiale assure par ailleurs que ce prêt de politique de développement soutient par ailleurs l’entrepreneuriat numérique et les micro-PME (MPME) innovantes. D’après Cyril Desponts, économiste et coresponsable du Programme à la Banque mondiale, le prêt de politique «propose de nouveaux instruments de financement qui profitent aux MPME, parfois considérées comme trop risquées pour les banques traditionnelles, y compris le financement participatif (ou crowdfunding) pour les nouvelles entreprises, le capital-investissement pour les entreprises innovantes et à fort potentiel et les fonds de dette qui mobilisent les investisseurs institutionnels pour financer les PME existantes» .
La Banque mondiale estime que la révision de la loi sur le capital-investissement soutiendra les efforts du gouvernement pour moderniser et décarboner l’économie par le biais du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, qui lèvera et investira des fonds de capital investissement. Cette réforme, tout comme l’introduction d’un cadre réglementaire pour les fonds de dette, est aussi soutenue par le Programme conjoint sur les marchés de capitaux (JCAP). Il s’agit d’un programme conjoint entre la BIRD et la SFI et dont la mise en œuvre est rendue possible grâce au soutien des gouvernements de Suisse, d’Allemagne, de Norvège, du Luxembourg, du Japon, d’Australie et des Pays-Bas.
Les derniers chiffres de l’inclusion financière au Maroc
La Banque mondiale indique à ce propos que la série de financements a permis au Maroc de repousser considérablement les barrières de l’inclusion financière et numérique. Le bilan dressé démontre que 44 % des Marocains ont accès à un compte bancaire contre 29 % en 2017. De même 30 % d’entre eux utilisent des paiements numériques contre 17 % en 2017. On note également un développement de l’infrastructure des paiements numérique. Il ressort que 31 % des zones rurales sont couvertes par des réseaux de paiement mobile au moment où 19 prestataires proposent leurs services. S’agissant de la valeur des paiements numériques, elle a considérablement augmenté pour atteindre les 2 milliards de dirhams en 2021, posant ainsi les bases de la réforme des programmes de protection sociale grâce aux transferts monétaires numériques. «La série de financements a permis le développement de la micro-assurance, du registre des nantissements et des garanties permettant de faciliter l’accès au crédit des MPME.
Différentes actions ont directement favorisé l’accès des femmes au financement et à l’autonomisation économique», explique la Banque mondiale. A titre d’exemple, la participation des femmes aux conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse a augmenté de 14,9 % en 2019 à près de 20% à la fin 2022, et 13,5 % des start-up technologiques dirigées par des femmes ont bénéficié pendant la pandémie de la Covid-19 d’une allocation annuelle en devises étrangères, facilitant ainsi l’importation des biens et services nécessaires à leurs activités. Malgré ces avancées, d’importants défis restent à relever. Citons dans ce sens l’écart d’accès aux services financiers. Ce dernier ressort toujours de 25 % entre les hommes et les femmes.
A cela s’ajoutent également le renforcement de l’utilisation et l’acceptation des services financiers numériques par les commerçants.










