La présentation de la 1ère édition de la PwC CEO Survey Maroc s’est tenue en présence de Reda Loumany, managing territory partner de PwC au Maroc, et Jonathan Le Henry, partner strategy&, head of strategy & au Maghreb.
Perspectives : Mettre en évidence la perception des enjeux actuels et futurs des chefs d’entreprises et donner une image plus claire sur la façon dont ils vont gérer les défis imposés par le contexte économique durant les mois et les années à venir. Tel est l’objectif de la 26e édition de la PwC Global CEO Survey au Maroc. Les conclusions de cette enquête ont été révélées lors d’une conférence qui s’est déroulée le 3 avril 2023 à Casablanca.
Menée auprès de 4.400 dirigeants dont 50 au Maroc, une récente enquête réalisée par PwC dévoile que les dirigeants d’entreprise marocains anticipent un ralentissement de l’économie mondiale et nationale mais restent confiants dans la capacité de leur entreprise à y faire face. «Les crises récurrentes sont aujourd’hui saisies par nos dirigeants comme des accélérateurs de changement et de transformation de leur entreprise. De même que les facteurs plus structurels, notamment le changement climatique, sont à appréhender dans une approche plus globale de développement durable et représentent autant un défi que des opportunités de croissance pour notre économie nationale.
Tout cela s’intègre parfaitement avec les réformes entreprises dans le cadre de la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement du Royaume», affirme Reda Loumany, Managing Territory Partner de PwC au Maroc. En revanche, les dirigeant interrogés dans le cadre de cette étude ont une vision pessimiste des perspectives de l’économie mondiale. Ainsi, 80% des dirigeant(e)s marocains (contre 73% au niveau mondial) s’attendent à une baisse de la croissance mondiale au cours des 12 prochains mois. Par ailleurs, près de 40% des dirigeants mondiauxet 44% des dirigeants au Maroc estiment que leur entreprise ne sera économiquement pas viable dans une décennie si elle ne se transforme pas. Pour ce qui est des éléments pouvant impacter la rentabilité de leur entreprise à l’avenir, 67% des dirigeants placent en premier lieu l’évolution de la demande et des préférences des consommateurs ainsi que les évolutions réglementaires comme principaux éléments qui impacteront la rentabilité de leur entreprise au cours des 10 prochaines années. Ce qui représente 14 points de plus que la moyenne des dirigeants dans le monde.
«Nous sommes entrés dans une nouvelle temporalité où se conjuguent un décrochage du niveau de confiance des dirigeants dans l’économie mondiale et marocaine et une confiance persistante dans la capacité de leurs entreprises à croître dans ce même contexte. La pandémie mondiale avait fait office de «stress-test» pour les entreprises et avait précipité la mise en place de grands chantiers de transformation. Les entreprises doivent désormais accélérer cette dynamique de transformation pour continuer à croître en période de turbulence économique», estime Jonathan Le Henry, partner strategy& head of strategy au Maghreb. Dans ce schéma, l’humain a toute sa place. En effet, les chefs d’entreprises cherchent à réduire les coûts et à stimuler la croissance des revenus. Il s’avère que 56% des dirigeants au Maroc (52% dans le monde) réduisent leurs coûts d’exploitation, tandis que 47 % augmentent les prix et 49% diversifient leurs offres de produits et services. Toutefois, 67% des patrons interrogés disent qu’ils ne prévoient pas de réduire les effectifs au cours des 12 prochains mois. Une grande partie (89%) indique qu’elle ne prévoit pas de baisser les rémunérations afin de retenir les talents et d’atténuer les taux d’attrition de la main-d’œuvre.
Plus encore, les répondants affirment que les entreprises doivent investir dans leurs programmes de transformation des ressources humaines et technologiques pour assurer leur viabilité. Ils misent en premier lieu sur la montée en compétences de leurs collaborateurs (71%), l’automatisation des processus (67%) et le déploiement technologique (Cloud, AI et autres technologies émergentes) (53%). Paradoxalement, seuls 13% des dirigeants marocains estiment être très exposés au risque cyber, ce qui est bien en deçà du niveau réel de risque observé par les experts, selon la même enquête. Concernant les risques climatiques, 24% des dirigeants marocains seulement considèrent que leur entreprise est menacée par les changements climatiques sur les 12 prochains mois. «Et bien que 58% considèrent que la transition énergétique est un élément important à prendre en compte à l’avenir, 29% affirment avoir déjà mis en œuvre des initiatives visant à réduire les émissions de GES de leur entreprise, tandis que 20% envisagent ces mesures à court ou moyen terme. Par ailleurs, 36% des CEO affirment avoir pris des mesures pour adopter de nouveaux produits et processus respectueux du climat», dévoile ladite enquête. On notera également que les CEO mondiaux mettent l’accent sur la nécessité de collaborer avec un large éventail d’intervenants pour maintenir la confiance et obtenir des résultats durables.
Ainsi, les entreprises s’associent davantage à des entités non commerciales pour aborder le développement durable (54%), la diversité, l’équité et l’inclusion (49%), et l’éducation (49%). Au Maroc, les dirigeants s’allient essentiellement à travers des partenariats avec les administrations publiques (31%), suivis des consortiums industriels (20%) et des entrepreneurs ou start-up. De même, 84% des dirigeants marocains perçoivent un alignement entre les valeurs de l’entreprise et le comportement des collaborateurs. «Ils ont conscience dans une très large mesure que les valeurs et la quête de sens deviennent des préoccupations majeures chez les salariés. Ces derniers choisissent de rejoindre une entreprise, puis d’y rester, s’ils se retrouvent dans ses valeurs», relève la même source.










