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Le CRI de Fès-Meknès mise sur les plantes médicinales et aromatiques

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Lavande, romarin, thym, cannabis…

Potentiel 
La région Fès-Meknès veut renforcer son positionnement dans la production et la commercialisation des plantes médicinales et aromatiques. C’est l’ambition exprimée par le CRI de la région qui mise sur ce segment. Il faut dire que ce territoire dispose d’un fort potentiel, notamment au niveau de la province de Taounate. Cosmétique «verte», huiles essentielles, plantes séchées… autant de niches de développement sont présentes dans la région.

Valoriser la filière de transformation des plantes médicinales et aromatiques fait partie des projets sur lesquels travaille actuellement le CRI Fès-Meknès. «La région dispose d’un fort potentiel de développement, notamment au niveau de la province de Taounate (qui contribue à hauteur de 10% de la production nationale du cannabis)», explique le CRI Fès-Meknès dans un récent document consacré aux plantes aromatiques et médicinales. Il s’agit de mettre en exergue les perspectives économiques du marché international et national et braquer les projecteurs sur la région de Fès-Meknès.
Diagnostic
La région Fès-Meknès bénéficie de conditions microclimatiques favorables. Son plan d’actions stratégiques repose sur plusieurs axes dont la consolidation et le développement des connaissances spécifiques et PMA régionales, la diversification de la production, le développement de la culture et la commercialisation ainsi que la labellisation des produits «PMA Fès-Meknès». Selon la même source, la mise en culture des PMA présente des avantages incontestables quant à une meilleure maîtrise de la production et des possibilités de sa diversification, notamment les marchés du cosmétique vert et des compléments alimentaires. «Au niveau de la Région, 3 produits phares ont été identifiés : le caroubier et la câpre qui sont endémiques à la région et le cannabis (pour lequel la région dispose de 10% de la production nationale).

De surcroît, ces trois plantes poussent naturellement et s’adaptent bien au déficit hydrique et aux conséquences de la sécheresse», relève le CRI Fès-Meknès qui fait un focus sur les PMA dans la province de Taounate. Il en ressort que près de 9.500 hectares, soit 73% de la superficie totale du domaine forestier exploité, sont dédiés au myrte contre 18% pour l’Origan et 9% pour le thym. Par ailleurs, on notera que la légalisation du cannabis offre une réelle opportunité pour la province de Taounate qui, pour rappel, fait partie des provinces qui ont été autorisées en 2022 à cultiver et produire le cannabis à usage légal. Le Maroc a interdit son usage à effet récréatif mais a autorisé son utilisation à des fins médicales. Il s’agit pour le pays d’intégrer le marché mondial du cannabis qui devrait dépasser les 230 milliards de dollars d’ici 2028, rappelle la même source.

Les opportunités d’investissement dans le secteur des plantes médicinales et aromatiques sont multiples dans la région Fès-Meknès. En plus du cannabis licite, les écosystèmes identifiés concernent la cosmétique verte, les extraits secs, les plantes séchées, les huiles essentielles et les compléments alimentaires. Pour accompagner cette ascension, le volet de la recherche et développement dans le secteur est soutenu par l’ANPMA, Agritech, l’INRA, l’Ecole nationale d’agriculture, le Green Openlab et la cité de l’innovation.
Au niveau national
Lavande, romarin, thym… Le Maroc dispose actuellement de 4.200 espèces recensées de plantes médicinales et aromatiques. Il est aussi le deuxième producteur mondiale après la Turquie, selon l’Agence Nationale des Plantes Médicinales et Aromatiques (PMA). Il en ressort que 600 espèces de PMA génèrent à l’export un chiffre d’affaires qui dépasse 825 MDH. «Ces plantes servent principalement de base pour la fabrication de produits cosmétiques bio (notamment grâce à l’argan, les figues de barbarie, les roses, etc.), la fabrication des compléments alimentaires et la transformation du cannabis dans le cadre de l’industrie pharmaceutique mais également comme matière première pour les industries du textile, de cordage, de construction et d’isolation», rapporte la même source. Ainsi, le Maroc est le 12 ème pays exportateur de ces plantes au niveau mondial avec 52.000 tonnes de plantes et 5.000 tonnes d’huiles, selon la même source. Les productions annuelles s’élèvent à 140.000 tonnes générant 500.000 journées de travail aux communautés locales.

On y apprend également que le Maroc s’appuie essentiellement en grande partie (98%) sur les plantes spontanées. La part des plantes médicinales et aromatiques cultivées reste faible (2%). Dans ce schéma, les unités de production sont de petites tailles pour la grande majorité. On y trouve aussi des sociétés étrangères spécialisées dans la production de molécules naturelles, d’infusettes et dérivés, les sociétés agro-industrielles marocaines, les sociétés spécialisées dans la commercialisation des plantes séchées, cultivées ou spontanées et les sociétés spécialisées dans l’extraction des huiles essentielles et extraits aromatiques. Au niveau de la commercialisation, deux circuits ont été identifiés, à savoir la négoce en vrac et la vente directe au consommateur. Pour ce qui est du volet recherche et développement dans le secteur, il est porté par l’Agence nationale de plantes médicinales et aromatiques (ANPMA). Ainsi, 4 appels à projets dans le domaine de la valorisation des PMA ont été lancés avec un budget total alloué de 37,4 MDH.

De même, 61 projets importants ont été sélectionnés dans la valorisation des PMA et 5 brevets ont été déposés. Cette agence a signé 3 conventions pour la valorisation du cannabis avec la Fédération marocaine de l’innovation et de l’industrie pharmaceutique, l’Association marocaine consultative d’utilisation du cannabis, et Phamacibis et Rif culture.