Le Groupe se fixe pour objectif de préserver les ressources hydriques du pays en mobilisant exclusivement des ressources en eaux non conventionnelles.
Ocp place la préservation des ressources hydriques au cœur de ses priorités. Le Groupe a élaboré dans ce sens une stratégie articulée autour de trois piliers. Les contours de cette feuille de route ont été détaillés par Zineb Benjelloun, Senior external engagement manager-Corporate Sustainbility au sein du Groupe, lors d’un témoignage donné en marge de la conférence-débat.
Le premier pilier de la vision OCP porte sur l’optimisation de l’utilisation des ressources en eau. L’objectif étant d’atteindre 15% de réduction de la consommation d’eau pour les activités minières et 5% pour les activités de transformation dès 2024. Le second axe d’intervention consiste en l’utilisation des eaux non conventionnelles.
Le but étant d’atteindre un usage optimale (100%) à l’horizon 2024. Se référant à Mme Benjelloun, le programme repose sur un investissement ambitieux et un programme de dessalement de 500 millions m3. À cela s’ajoute le programme des stations d’épuration des eaux usées (STEP) de 60 millions m3 ainsi qu’un dispositif de pipeline. L’axe de l’utilisation des eaux non conventionnelles vise en effet à alimenter en eau potable les villes de Safi et El Jadida ainsi que les zones urbaines et agricoles limitrophes.
Le troisième pilier de la stratégie est celui de la recherche et de l’innovation. À cet égard, une dizaine de projets sont initiés au niveau de l’Université Polytechnique Mohammed VI (UM6P) afin de développer des solutions disruptives d’optimisation d’eau et recourir aux technologies de traitement d’eau les plus durables.
À noter que le budget global de la recherche et innovation sera doublé en 2025 comparé à 2020. «Grâce au programme eau mis en place, OCP couvre depuis 2018 plus de 30% de son besoin annuel par des ressources non conventionnelles», relève-t-on de la responsable. Mme Benjelloun énumère a cet égard la STEP Khouribga (5Mm3), la STEP Youssoufia (2,5 Mm3), la STEP Benguerir (2,5 Mm3), le dessalement jorf (25 Mm3) et le dessalement Laâyoune (1,4 Mm3).
Il est utile de souligner que la mobilisation des ressources en eaux non conventionnelles a donné naissance à plusieurs projets à l’égard de la station d’épuration des eaux usées de Khouribga. Il s’agit d’une première expérience de réutilisation des eaux usées urbaines dans le lavage des phosphates.
On relève également la station de dessalement de l’eau de mer de Jorf Lasfar d’une capacité de 25 Mm3 par an. Elle a été mise en service en 2016 et produit à ce jour un volume d’environ 150 Mm3.
Pour ce qui est du programme de mobilisation des ressources non conventionnelles défini par OCP pour la période 2022-2024 en vue d’atteindre l’objectif de 100% des besoins en eau couverts par ces ressources, il porte sur la réalisation de la STEP de Safi, la STEP de Kasbet Tadla, la STEP de Fquih Ben Saleh, la STEP Marsa et l’extension des STEP Khouribga et Benguerir. Il s’agit également de l’extension du dessalement du Jorf (phases 1 et 2), le dessalement de Safi et de Laayoune-OCP.
Gouvernance de l’eau : Ce que recommande la Coalma

Intervenant à la conférence-débat, Houria Tazi Sadeq ,présidente de la Coalition marocaine pour l’eau (Coalma), a émis un certain nombre de recommandations liées à la gouvernance. «La question de la raréfaction de l’eau est une question globale. Tout le monde a compris que cette ressource n’est pas infinie. Lorsque l’on place cette problématique face aux autres défis qui sont absolument à l’interaction avec la ressource on ne peut pas ne pas réfléchir dans le cadre global de la complexité de l’approche intégrée et interdisciplinaire», souligne Mme Tazi Sadek. Et de préciser: «Nous avons dépassé la phase de la gestion de risque. Nous sommes en train de réfléchir à la gestion de la pénurie». Pour la présidente de Coalma, la situation actuelle impose une révision de la gouvernance.
Une gouvernance qui, selon elle, est axée sur la complémentaire et la coordination non seulement au niveau central mais aussi au niveau territorial. « La question de l eau est en perpétuel renouvellement, on ne peut rester ni avec les mêmes lois ni les mêmes mécanismes de gouvernance», souligne Mme Tazi Sadeq qui met l’accent sur l’innovation en gouvernance de politique publique et les modalités d’opérationalisation.
La présidente de Coalma propose dans ce sens de mettre en place un mécanisme de coordination qui soit installé au niveau central à l’instar d’un observatoire des données. Mme Tazi Sadeq estime par ailleurs que la loi sur l’eau ne règle pas tous les aspects liés à cette problématique. Elle propose à cet égard de s’inspirer de l’expérience tunisienne et d’élaborer un Code de l’eau.
Témoignage : L’expérience de Lydec en gestion de l’eau donnée en exemple

Pour la gestion du réseau de distribution et de traitement des eaux usées, Lydec fait, d’après son directeur maîtrise d’ouvrages en charge de la planification, études et travaux, Saad Azzaoui, des projections pour la métropole. «La situation actuelle de l’alimentation en eau potable du Grand Casablanca est vulnérable et en particulier pendant la sécheresse», détaille le responsable en s’appuyant sur des chiffres.
D’après M. Azzaoui, les besoins de Casablanca sont estimés à «+37 millions de m3 à l’horizon de 2030 ». Mieux encore, il met en avant l’impact « significatif » des périodes de sécheresse sur la garantie de mobilisation des ressources en eau au niveau du bassin du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah (SMBA), ainsi qu’un « déséquilibre croissant entre l’offre et la demande en eau au niveau du bassin d’Oum Er Rbia».
Le responsable saisit également son passage pour étaler différentes approches. Il s’agit, dans ce sens, de celles « hydraulique, qualité, gestion de pression et modélisation». Et ce n’est pas tout ! Il rappelle, entre autres, des projets de renforcement. C’est le cas de l’accompagnement des zones d’extension à Mansouria et Ryad Sidi Hajjaj. Il est également question de renforcement des stockages du réservoir de Mansouria sur 15.000 m3 et de Sidi Hajjaj sur 15.000 m3 et de 9.000 m3 au niveau de Bouskoura. Aussi, les renforcements de la sécurisation Nord Sud et Est-Ouest sont assurés outre celui de la sécurisation entre étages.
A cet égard, il donne l’exemple de Mansouria-Mohammedia au niveau de l’étage 240, ainsi que de Sidi Hajjaj et Sidi Hajjaj au niveau de l’étage 140. A propos de la gestion de pression, le directeur à Lydec précise que le délégataire régule celle-ci sur 50% du réseau délivrant ainsi une pression optimale (<6 bar). Bon à savoir.










