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Selon un nouveau rapport de l’ONU : Les préjugés sexistes encore répandus au Maroc

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Aucune amélioration face aux préjugés à l’encontre des femmes n’a été enregistrée en une décennie.

Rapport : Un nouveau rapport des Nations Unies publié le lundi 12 juin montre que les préjugés sexistes sont toujours bien enracinés. Près de 9 hommes et femmes sur 10 dans le monde nourrissent encore de tels préjugés.

Dans son dernier rapport sur l’Indice des normes sociales de genre (GSNI), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) n’a révélé aucune amélioration face aux préjugés à l’encontre des femmes en une décennie. Près de 9 hommes et femmes sur 10 dans le monde nourrissent encore de tels préjugés. Selon le rapport, la moitié de la population dans le monde estime que les hommes font de meilleurs dirigeants politiques que les femmes et plus de 40 % considèrent que les hommes font de meilleurs dirigeants d’entreprise que les femmes. Autre chiffre alarmant : 25 % des personnes pensent encore qu’il est acceptable qu’un homme batte sa femme. Au Maroc, le rapport signale que 93,67% des Marocains ont au moins un préjugé durant la période 2017-2022. Ils sont 75% à avoir eu au moins deux préjugés au cours de cette période. Le document indique que 61,92% de la population au Maroc pense que les hommes peuvent être de meilleurs dirigeants politiques que les femmes. Par ailleurs, 63,42% de la population estime que les hommes sont les meilleurs en gestion d’entreprise. Pour leur part, 20,42% pensent que les hommes sont meilleurs dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement.

La part des femmes chefs d’État ou de gouvernement a stagné autour de 10%

Les préjugés se reflètent également dans la grave sous-représentation des femmes aux postes de direction. Le PNUD estime dans son rapport qu’au niveau mondial, en moyenne, la part des femmes chefs d’État ou de gouvernement a stagné autour de 10% depuis 1995 et sur le marché du travail, les femmes occupent moins d’un tiers des postes de direction. Le rapport met également en lumière la rupture du lien entre les progrès dans l’éducation pour les femmes et leur autonomisation économique. Les femmes sont plus qualifiées et instruites que jamais mais, y compris dans les 59 pays où les femmes sont désormais plus instruites que les hommes, l’écart de revenu moyen entre les genres atteint des niveaux surprenants, jusqu’à 39 % en faveur des hommes. Les auteurs du rapport soulignent que, pour orienter l’évolution vers une plus grande égalité des genres, l’accent doit être mis sur l’accroissement du développement humain à travers l’investissement, l’assurance et l’innovation. Cela comprend l’investissement dans des lois et des mesures politiques qui promeuvent l’égalité des femmes dans la participation politique, l’élargissement des mécanismes d’assurance, tels que le renforcement des systèmes de protection sociale et de soins et l’appui aux interventions innovantes qui pourraient être particulièrement efficaces pour remettre en question les normes sociales néfastes, les attitudes patriarcales et les stéréotypes à l’égard de l’égalité des genres.
Par ailleurs, le rapport recommande de s’attaquer directement aux normes sociales par le biais de l’éducation pour faire évoluer les opinions du public par des politiques et des évolutions juridiques qui reconnaissent les droits des femmes dans toutes les sphères de la vie, mais aussi en permettant une plus grande représentation des femmes dans la prise de décision et les processus politiques.

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