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Intégration du genre dans le secteur forestier : Des progrès, mais des efforts restent à faire

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Rencontre
Les progrès réalisés par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) en termes d’intégration de la dimension genre, ainsi que les principales conclusions de l’analyse sectorielle genre réalisée avec le soutien de l’AFD, de l’ONU-Femmes ont été dévoilés lors d’une rencontre organisée le 15 juin à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse.

L’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) et le secrétariat de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) au Maroc et l’ONU-Femmes ont organisé le 15 juin à Salé une rencontre célébrant la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sècheresse. Cette rencontre a été marquée par la signature d’un accord de coopération entre l’ANEF, l’AFD et ONU Femmes-Maroc qui est destiné à promouvoir l’autonomisation économique des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes. A travers cet accord, il s’agit de surmonter les barrières liées au genre dans les domaines de la gestion durable des ressources naturelles et de la restauration des terres.

Le thème choisi pour la célébration de cette journée «Femme, sa Terre, ses Droits» met en exergue le rôle important que jouent les femmes rurales dans la gestion durable des terres et leur préservation. Leur contribution est primordiale pour garantir la durabilité des terres, assurer la sécurité alimentaire et renforcer la résilience face aux changements climatiques. L’Agence nationale des eaux et forêts, à travers le nouveau modèle de l’approche participative de la stratégie «Forêts du Maroc 2020-2030» est pleinement inscrite sur les grandes réformes lancées par le Maroc en matière de l’approche genre. L’Agence a entrepris plusieurs actions et lancé plusieurs initiatives visant à intégrer la dimension genre dans le secteur forestier. Sur le plan stratégique, un chantier transversal dédié à l’aspect genre a été conçu dans le cadre de cette stratégie. Ce chantier est piloté par un comité national et un comité de mise en œuvre.

Autonomisation économique des femmes : Plusieurs projets en phase d’implémentation sur le terrain
Sur le plan opérationnel, des projets portant sur l’appui à l’autonomisation économique des femmes et à leur résilience face au changement climatique dans différentes régions du Maroc sont en phase d’implémentation sur le terrain. Parmi ces projets, figure le projet Ferma « Femmes Résilientes au Moyen Atlas», d’un montant de 7 millions d’euros et le projet Copfam « Autonomisation économique des femmes», d’un montant de 5,6 millions d’euros. Ces deux projets sont soutenus par la coopération canadienne à travers la Société canadienne de coopération pour le développement international (Socodevi). Il y a lieu de relever le projet Green Jobs «Promotion des emplois verts pour les jeunes en zones rurales et de montagnes» qui vise à renforcer la durabilité environnementale et de contribuer au développement économique et social de ces régions, d’un montant de 5,5 millions d’euros, appuyé par la GIZ.

D’autres projets liés au genre sont en cours. C’est notamment le cas du programme «Ghabati Hayati – Ma Forêt Ma vie», d’un montant de 100 millions d’euros, financé par l’AFD. Signalons également le projet «Activités de pleine nature au service de la biodiversité du Parc national d’Ifrane» financé par le Fonds français de l’environnement mondial avec un montant de 1,8 million d’euros ou encore le Programme «Al Ard Al Khadraa–Terre Verte», d’un montant de 115 millions d’euros, financé par l’Union européenne en appui aux secteurs forestier et agricole. L’Agence nationale des eaux et forêts fait remarquer que sur le plan de l’accompagnement, un plan de renforcement des capacités a été développé au profit des femmes, aussi bien celles exerçant au sein de l’Agence que celles relevant des populations usagères des forêts.

La participation des femmes dans la prise de décision reste faible
Cette rencontre a été l’occasion de présenter les principales conclusions de l’analyse sectorielle genre réalisée avec le soutien de l’AFD, de l’ONU-Femmes et du Centre d’excellence de budgétisation sensible au genre relevant du ministère de l’économie et des finances. Sur le plan stratégique, les résultats ont révélé que le secteur est doté d’une stratégie ambitieuse (Stratégie «Forêts du Maroc 2020-2030) basée sur un modèle de gestion inclusif, durable et créateur de richesses qui place les populations usagères au cœur de la gestion des forêts. Sur le plan institutionnel, l’analyse a indiqué une tendance à la hausse de la féminisation de l‘Agence ainsi qu’une ouverture d’esprit du personnel de l’ANEF, pour un changement de paradigme en termes de genre. Malgré l’augmentation relative de la proportion des femmes recrutées, leur participation dans la prise de décision reste faible.

Il est important de signaler que les femmes fonctionnaires dans les eaux et forêts sont de plus en plus nombreuses. En effet, le nombre des cadres femmes est passé de 36 en 2.000 à 319 en 2022. Durant les 5 dernières années, plus de 80 femmes techniciennes des eaux et forêts ont été recrutées (soit plus de 40% de l’effectif recruté), sachant que la 1ère promotion des lauréates de l’IRTSEF a été diplômée en 2017. Les résultats de cette analyse sectorielle ont aussi montré que les employés de l’ANEF, qu’ils soient hommes ou femmes, sont unanimes quant à la difficulté pour la femme d’exercer sur le terrain (unités territoriales de proximité, police des eaux et forêts) attribuable aux spécificités du secteur forestier (pénibilité, isolement, éloignement). Ils ont aussi insisté sur la nécessité d’entreprendre des efforts supplémentaires pour encourager les femmes à agir sur le terrain et accéder aux postes de responsabilité. Cette analyse a permis de tirer plusieurs recommandations sur le plan stratégique, institutionnel et opérationnel.

Parmi les principales recommandations figure l’intégration de la dimension genre en tant qu’aspect transversal touchant tous les axes et orientations de la stratégie et tout au long du processus de mise en œuvre (planification, exécution et suivi-évaluation). Il est aussi question de développer des programmes de coopération aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale en matière d’égalité genre. Il est nécessaire de concevoir et mettre en œuvre un plan de renforcement des capacités des femmes pour accéder aux postes de responsabilité et entreprendre des efforts supplémentaires pour encourager les femmes à travailler sur le terrain via l’amélioration des conditions de travail tout en tenant compte de leurs spécificités et besoins.

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