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Bank Al-Maghrib fait un break et maintient son taux à 3%

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La croissance devrait s’établir à 2,4% cette année puis s’améliorer à 3,3% en 2024

Projections : L’inflation devrait ressortir à 6,2% en moyenne en 2023 et à 3,8% en 2024. C’est ce que révèle le conseil de Bank Al-Maghrib qui a tenu le 20 juin sa deuxième réunion trimestrielle de l’année. La Banque centrale a également maintenu le taux directeur à 3%. Elle prévoit également une croissance de 2,4% cette année. Les détails.

Très attendue, la deuxième réunion trimestrielle de l’année du conseil de Bank Al-Maghrib s’est tenue le 20 juin 2023. Il en ressort plusieurs éléments saillants. Ainsi, l’inflation devrait afficher des signes de soulagement après un taux de 6,6% en 2022 et un pic de 10,1% en février 2023 comme l’explique Bank Al-Maghrib : « Depuis, elle s’est inscrite en décélération mais reste à des niveaux élevés en lien avec le renchérissement des produits alimentaires frais, revenant à 8,2% en mars, à 7,8% en avril puis à 7,1% en mai. Tenant compte de ces données, l’inflation devrait ressortir à 6,2% en moyenne cette année et à 3,8% en 2024. Sa composante sous-jacente devrait connaître une trajectoire similaire, passant de 6,6% en 2022 à 6,1% cette année puis à 2,9% en 2024 ».

Dans le même sens, le conseil a décidé, après trois hausses successives du taux directeur d’un total de 150 points de base, de marquer une pause dans le cycle de resserrement de la politique monétaire, maintenant ainsi le taux directeur inchangé à 3%. « Lors de ses prochaines réunions, ses décisions tiendront compte notamment de l’évaluation approfondie et actualisée des effets cumulés de ses hausses de taux et de l’impact des différentes mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir certaines activités économiques et le pouvoir d’achat des ménages », précise la même source. Par ailleurs, la succession de deux années de sécheresse conjuguée à un environnement externe globalement défavorable continuent de peser sur l’activité économique. « Avec une production céréalière estimée par le département de l’agriculture à 55,1 millions de quintaux, la croissance de la valeur ajoutée agricole devrait se limiter à 1,6% en 2023 après une contraction de 12,9% un an auparavant. En 2024, elle devrait, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 70 millions de quintaux, croître de 5,5%.

Pour les secteurs non agricoles, la progression de leur valeur ajoutée ralentirait de 3% en 2022 à 2,5% en 2023 avant de s’accélérer à 3,2% en 2024. Au total, après le rebond de 8% en 2021 et la décélération à 1,3% en 2022, la croissance de l’économie nationale devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, s’établir à 2,4% cette année puis s’améliorer à 3,3% en 2024», relève la même source. Concernant les comptes extérieurs, les échanges de biens devraient ressortir en baisse cette année après la dynamique enregistrée en 2022. Dans les détails, les exportations reculeraient de 2,8%, reflétant essentiellement le repli des ventes de phosphate et dérivés, avant de s’accroître de 6% en 2024, portées par la hausse des expéditions du secteur automobile. En même temps, les importations diminueraient de 2,2%, sous l’effet notamment de l’allégement de la facture énergétique et afficheraient une augmentation de 2,9% en 2024, en raison principalement de l’accroissement prévu des achats de produits finis de consommation et de biens d’équipement.

Avec la poursuite prévue de la reprise de l’activité touristique, les recettes voyages devraient progresser de 14,9%, à 107,6 MMDH en 2023, et connaître une quasi-stabilité en 2024. Du côté des transferts des MRE, leur évolution « reste entourée de fortes incertitudes, mais les données les plus récentes laissent présager une dynamique positive à moyen terme, avec des hausses annuelles autour de 3,5% pour atteindre un montant de 114,7 milliards de dirhams en 2023 et de 118,7 milliards DH en 2024», explique le conseil.

Dans ce contexte, le déficit du compte courant avoisinerait 2,5% du PIB en 2023 et en 2024 après 3,5% en 2022. S’agissant des IDE, les recettes se situeraient à hauteur de 3,3% du PIB sur l’horizon des projections. Par ailleurs, les avoirs officiels de réserve s’établiraient à 361,2 MMDH à fin 2023 puis à 357,9 MMDH à fin 2024, représentant une couverture autour de 5 mois et demi d’importations de biens et services. Concernant les conditions monétaires, les taux débiteurs ont enregistré une augmentation trimestrielle de 53 points de base, à 5,03% au 1er trimestre 2023, recouvrant une augmentation de 68 points pour les crédits aux entreprises et une baisse de 9 points pour ceux destinés aux particuliers. Après une atténuation au début de l’année, le besoin de liquidité des banques se 3 creuserait à 107,1 MMDH à fin 2023 et à 118,3 MMDH à fin 2024, soutenue par une forte expansion de la monnaie fiduciaire.

Tenant compte de ces évolutions et de celle de l’activité économique, le crédit bancaire au secteur non financier devrait quant à lui progresser de 3,7% en 2023 et de 4,4% en 2024. S’agissant du taux de change effectif réel, il s’apprécierait de 0,8% en 2023 et de 1,2% en 2024, résultat de l’appréciation de la monnaie nationale en termes nominaux et d’un niveau d’inflation domestique supérieur en moyenne à celui des pays partenaires et concurrents commerciaux.

Du côté des finances publiques, l’exécution budgétaire au titre des cinq premiers mois de 2023 dévoile une hausse de 4,2% des recettes ordinaires portée par la croissance des rentrées fiscales. « En parallèle, les dépenses globales se sont alourdies de 6,8% reflétant en particulier la hausse de celles d’investissement et des charges en intérêts de la dette extérieure », explique Bank Al-Maghrib. Et de conclure : « Tenant compte de l’effort supplémentaire consenti pour le soutien du pouvoir d’achat des ménages, le déficit budgétaire devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, atteindre 5% du PIB en 2023 avant de revenir à 4,3% du PIB en 2024, en lien notamment avec la baisse programmée de la charge de compensation et la progression prévue des rentrées non fiscales».

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