La création de la Coalition mondiale de lutte contre les drogues synthétiques vise à lutter contre le trafic de fentanyl et d’autres substances synthétiques. Le Maroc s’engage à jouer un rôle actif dans la lutte contre ces drogues conformément à ses engagements mondiaux.
L’expansion des drogues de synthèse dans le monde inquiète. Les Etats-Unis ont lancé une coalition mondiale pour lutter contre ces drogues et plus particulièrement le fentanyl, un opiacé qui fait des ravages dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis. Cette drogue de synthèse qui est cinquante fois plus puissante que l’héroïne et possède un effet analgésique 100 fois plus puissant que celui de la morphine tue en moyenne une personne toutes les 7 minutes aux Etats-Unis. Selon des données officielles, quelque 110.000 personnes sont mortes d’une overdose en 2022 aux États-Unis, dont «les deux tiers» à cause des opioïdes de synthèse, un record. Pour lutter contre le risque sérieux et croissant de ces drogues sur la santé, la Coalition mondiale contre les menaces liées aux drogues synthétiques a été lancée vendredi dans le cadre d’une réunion ministérielle virtuelle avec la participation du ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Intervenant lors de cette réunion sur l’accélération et le renforcement de la réponse globale contre les drogues synthétiques, M. Bourita a mis en avant l’engagement du Maroc à jouer un rôle actif dans la lutte contre les menaces liées aux drogues synthétiques, conformément à ses engagements mondiaux. Il s’est félicité de la mise en place de ce nouveau mécanisme mondial, relevant que cette coalition intervient à un moment crucial, compte tenu des conséquences dévastatrices de la consommation de drogues sur la santé, la sécurité et la cohésion sociale. Le ministre des affaires étrangères a estimé que le succès de cette coalition mondiale nécessite l’engagement collectif de toutes les parties prenantes dans cette lutte. Ainsi, la coopération internationale et le multilatéralisme devraient en être les principes directeurs.
Les recommandations du Maroc
M. Bourita a formulé trois recommandations clés pour améliorer l’action future de cette coalition. La première recommandation porte sur la mise en place d’un système d’alerte efficace pour identifier les nouvelles substances synthétiques émergentes. Selon le ministre, ce système devrait faciliter l’échange rapide d’informations et de renseignements entre les pays membres, afin de permettre une détection et une réaction rapides. La deuxième recommandation concerne la prévention, le traitement et la sensibilisation en donnant la priorité à l’intervention précoce en matière de soins de santé et aux options de traitement, en renforçant les partenariats scientifiques et de recherche pour garder une longueur d’avance sur les tendances évolutives des drogues de synthèse et en mettant en œuvre des programmes de sensibilisation, d’éducation et de résilience communautaire, en ligne et hors ligne. Le ministre a, aussi, appelé à promouvoir la collaboration internationale qui devra passer par une coopération accrue entre les pays dans le cadre d’opérations conjointes et par le renforcement des capacités et des partenariats entre les communautés scientifiques, les professionnels de santé et les organismes chargés de l’application de la loi pour des réponses efficaces, avec un focus sur le continent africain. «Les pertes croissantes de vies humaines dues aux drogues de synthèse nous rappellent fortement l’urgence d’une action concertée», a poursuivi le ministre indiquant que la demande et l’offre de drogues synthétiques augmentent, ce qui entraîne l’émergence de nouveaux marchés au-delà de ceux traditionnels. Se basant sur les données de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le ministre a rappelé qu’en 2021, près de 300 millions de personnes ont consommé des drogues, y compris des drogues synthétiques, ce qui représente une augmentation de 23% en dix ans. Le nombre d’individus souffrant de troubles liés à la consommation de drogues a presque atteint 40 millions, ce qui représente une augmentation de 45% au cours de la dernière décennie, a déploré M. Bourita. Au Maroc, la consommation de drogues et la toxicomanie sont reconnues comme un problème de santé publique important et la lutte contre le trafic de drogues est une priorité nationale, a souligné M. Bourita, tout en signalant que le Maroc souffre de la contrebande de drogues de synthèse dans sa région. Au cours des trois dernières années, les autorités marocaines ont saisi plus de 5 millions de comprimés psychotropes, principalement introduits clandestinement sur le territoire marocain à partir de pays voisins, a-t -il indiqué. Pour rappel, le Maroc a mis en œuvre une stratégie globale et intégrée de lutte contre le trafic de drogues et de substances psychotropes qui s’aligne périodiquement avec les résolutions adoptées par les instances des Nations Unies et se concentre sur la réduction de l’offre, la prévention de l’abus et de la consommation de drogues, la lutte contre le trafic illicite et le renforcement de la coopération internationale.
Rapport : L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a indiqué dans son dernier rapport annuel, publié il y a encore quelques jours, que «la production peu coûteuse, rapide et facile» des drogues de synthèse a profondément transformé de nombreux marchés dans le monde. «Le fentanyl a drastiquement changé le marché des opiacés en Amérique du Nord avec des conséquences désastreuses », peut-on lire. Sur la seule année 2021, la majorité des près de 90.000 décès liés à une overdose d’opiacés en Amérique du Nord impliquait du fentanyl produit de façon illégale. L’Office précise également que 13,2 millions de personnes dans le monde s’étaient injecté de la drogue en 2021, soit 18% de plus que ses précédentes estimations, et que 296 millions de personnes dans le monde avaient consommé de la drogue en 2021, soit une progression de 23% sur la dernière décennie. Le nombre de personnes souffrant de troubles liés à la consommation de drogue a explosé pour atteindre 39,5 millions au niveau mondial, une hausse de 45% sur une décennie, selon le rapport.










