EditorialUne

Socle humain

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La hiérarchisation des axes autour desquels sera bâtie la prochaine loi de Finances, telle qu’elle est exprimée dans la note d’orientation du chef de gouvernement, illustre bien ce changement d’approche enclenché depuis 2021 dans le prolongement du mode de gestion en période de pandémie.

Dans cette démarche, la logique est clairement inversée: on décide d’abord des actions prioritaires, des politiques publiques urgentes et des mesures qui ne peuvent pas attendre et on construit, ensuite, les montages financiers et les budgets correspondants. C’est ainsi que dans son document diffusé aux différents ministres, le chef de gouvernement a clairement énoncé quatre priorités pour la prochaine loi de Finances qui sont, dans l’ordre d’importance, les mesures pour faire face aux effets de la conjoncture, la poursuite de l’ancrage de l’État social puis des réformes structurelles et, enfin, du renforcement de la soutenabilité des finances publiques.

Ce dernier axe, pendant longtemps, était souvent prépondérant. C’est l’état des finances publiques et donc les moyens qui façonnaient les politiques à suivre et leur rythme et pas le contraire. Mais entre-temps, la pandémie est passée par là et a laissé des enseignements qui ont servi : la résilience d’un pays et de son économie n’est pas concevable sans un ensemble de dispositifs solides et durables pour la protection, le soutien et le renforcement de l’élément humain. Sans ce socle social et humain bien ancré et solidifié, il est presque vain de parler de réformes générationnelles telles que l’éducation et encore moins d’un modèle de développement qui se déploie sur plusieurs décennies.