Culture

17 artistes partagent leurs visions sur la réalité contemporaine

© D.R

«Entre temps et espaces», tel est l’intitulé de l’exposition collective de photographies et vidéos visible au Musée national de la photographie de Rabat. Elle présente des œuvres produites par des artistes de différents territoires et horizons culturels qui chercheront à offrir aux spectateurs de manière poétique la diversité de l’existence contemporaine.

Le Musée national de la photographie de Rabat accueille l’exposition «Entre temps et espaces», «Between Times and Spaces». Un évènement organisé dans le cadre de Bienalsur, biennale internationale d’art contemporain du Sud initiée par l’Université Tres de Febrero depuis Buenos Aires en Argentine. Commissariée par Diana Wechsler, cette exposition collective de photographies et vidéos réunit des artistes originaires du Maroc, d’Argentine, du Chili, du Pérou, du Mexique, du Brésil et de Colombie. Tous partagent une aspiration commune, celle d’exprimer de manière poétique la diversité de notre réalité contemporaine. «Le récit curatorial proposé à travers cette diversité de regards traversera des espaces qui nous confrontent à l’immensité, à la solitude, au vide et aux empreintes que les communautés laissent et vice-versa», explique Diana B. Weschler dans la présentation de l’exposition.

À travers leurs regards croisés, le parcours d’exposition illustre un dialogue visuel et conceptuel entre des cultures variées, qui emmène le public dans un voyage à travers des espaces qui confrontent à l’immensité, à la solitude, au vide, ainsi qu’aux empreintes laissées par les communautés et à l’influence réciproque de ces éléments. Temps, faits, mémoire, histoire, identité, imaginaires passés et présents sont des thématiques largement abordées dans leurs créations.

Dix photographes originaires d’Amérique du Sud et sept photographes marocains
L’exposition donne à voir les œuvres de Celeste Rojas Mugica, inscrit dans la série «Ainsi commence l’espace». C’est en s’inspirant du paysage et des œuvres poétiques de Jorge Luis Borges que Celeste Rojas Mugica a développé cette série. Son œuvre se porte en témoin des traces du temps dans l’immensité de la nature sauvage du Chili. La tension entre ce vide et la solitude vécue au niveau humain résonne ainsi comme un des leitmotivs de cette œuvre. Le public distingue ainsi les œuvres «Sun (W)hole Project» et «(W)hole sun process» de Amine El Gotaibi. Il faut noter qu’au début de l’année 2020, cet artiste alors en résidence à la Nirox Foundation conçoit l’ambitieuse installation Sun (W)hole_piece of cradle 1 en Afrique du Sud. Il construit un mur de 15,3 mètres de long et de 4 mètres de haut qu’il décide de percer offrant ainsi une nouvelle perspective sur le paysage naturel. Les travailleurs que l’on observe sur ces photographies et l’artiste redessinent les possibilités qu’offre cet environnement. Les amateurs aperçoivent également les œuvres issues de sa série «Corrimientos» «Mouvements» de Ananké Asseff. «Dans cette série, cet artiste ouvre la voie à l’ambiguïté entre sa propre réalité et l’environnement qui l’entoure», explique-t-on.

L’exposition donne à découvrir les œuvres de Lamia Naji. Cette artiste présente des œuvres issues de sa série «Vertigo». «Cette série met ainsi en présence des métaphores poétiques qui dépeignent l’épreuve du deuil et la perte d’un être cher dans une dimension qui témoigne de nos sensibilités, nos subjectivités, nos émotions et nos relations avec l’environnement et les autres».

A ne pas manquer les œuvres «Une navette pour la lune» de Khalil Nemmaoui. «Dans un petit village entre Marrakech et Essaouira, les Renault 12 de toute l’Afrique du Nord retrouvent une nouvelle vie. Les habitants les transforment pour qu’elles fonctionnent au gaz propane, polluant moins et assurant leur pérennité pour les années à venir. Devenant ainsi les fidèles compagnons des personnes de ce village isolé, ces Renault 12 se portent en témoin d’une vie intime et quotidienne».

A distinguer les œuvres issues de sa série «H.Eros» de Fatima Mazmouz. «H.Eros se compose de cartes postales intitulées «Mauresques» et mettent en scène des visages, recadrés au plus près pour capturer leur regard. Extraites d’un corpus de 4.000 cartes postales érotiques coloniales datant de 1902 à 1950, celles-ci proviennent du Maroc et de l’ensemble du Maghreb. En l’absence d’archives historiques, ces cartes postales coloniales portent la mémoire des conflits et des dominations, capturant les visages et les nus qui s’y trouvent».

C’est le titre de la boite
A propos de BIENALSUR
Plateforme : Bienalsur, Biennale internationale d’art contemporain du Sud, est une plateforme pour l’art et la culture en constante recherche et expérimentation organisée par l’UNTREF (Universidad Nacional de Tres de Febrero). Cet événement s’établit comme un réseau de collaboration internationale diluant les distances et les frontières – géographiques ou symboliques et défend l’unicité dans la diversité et le local dans le global. Selon les organisateurs, il comprend des œuvres et des projets issus d’appels internationaux auxquels s’ajoutent des artistes de référence qui contribuent à renforcer l’un des objectifs centraux de notre projet, diversifier les acteurs et élargir le public en proposant de penser par images et expériences esthétiques. «Nous avons l’engagement de construire avec l’art et la culture de nouveaux ponts de dialogue, faisant de chaque espace artistique un lieu de pensée unique», indique-t-on.