Exprimé lors de l’ouverture officielle des Assemblées annuelles des deux institutions de Bretton Woods
Pour le prochain cap, la Banque mondiale a pour volonté de faire entendre la voix du Sud et d’attirer les investissements nécessaires dans la région et ce en plaçant l’Afrique au cœur des priorités fixées.
«Éradiquer la pauvreté pour un monde vivable», tel est l’objectif que se fixe la Banque mondiale pour les années à venir. Ceci passe par la lutte contre les fragilités dont le changement climatique. Pour ce faire, l’institution de Bretton Woods s’engage à investir 50% de ses fonds dans l’atténuation de ces effets tandis que les 50% restants seront consacrés à l’adaptation. Ces ambitions ont été partagées, mercredi 11 octobre à Marrakech, par Ajay Banga, président de la Banque mondiale, et ce lors de l’ouverture officielle des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI dont les travaux se poursuivent jusqu’au 15 octobre dans la ville ocre. Cet événement intervient après 130 jours de la nomination de M. Banga. L’occasion étant de partager la vision du responsable et la feuille de route de la Banque à court et moyen termes. La volonté étant de faire entendre la voix du Sud et d’attirer les investissements nécessaires dans la région. L’Afrique est au cœur des priorités fixées. «Le niveau de croissance démographique en Afrique dans les années à venir et les gisements de croissance dans le continent sont exceptionnels. Néanmoins, de réels défis restent à relever sur le terrain», assure le président de la Banque mondiale. Et de poursuivre : «Il faudra établir des priorités pour travailler dans ces pays, cela m’amène à la mission même de la Banque mondiale, en l’occurrence l’inclusion des jeunes et des femmes».
Parmi les enjeux à relever sur le plan africain figure l’intégration économique. Les échanges commerciaux intercontinentaux restent, selon M. Banga, «très compliqués». «Il est aujourd’hui moins cher d’envoyer une marchandise de l’Afrique vers une destination offshore et de la faire revenir en Afrique plutôt que de passer directement d’un pays à l’autre, à travers les frontières africaines», indique-t-il. Le responsable recommande dans ce sens de favoriser davantage les échanges intra-régionaux, de manière à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes et tirer ainsi profit de la croissance démographique du continent. Le renforcement du système de santé ainsi que la facilitation de l’accès aux soins demeurent également un défi. Le président de la Banque mondiale a, dans ce sens, cité en exemple l’expérience marocaine, notamment en matière de fabrication des médicaments génériques.
Pour ce qui est du mode de fonctionnement de la Banque mondiale. M. Banga a fait part de la capacité de l’institution d’atteindre les 150 milliards de dollars de financement sur les 10 années à venir, et ce grâce au déploiement de mécanismes innovants à l’instar des garanties de portefeuille, le capital hybride et la réallocation des «DTS». «Nous pourrions atteindre quelque 150 milliards de capacité de financement supplémentaire au cours de cette décennie.
Ce chiffre est substantiel mais reste insuffisant face aux défis auxquels le monde est confronté», souligne le président de la Banque mondiale. Pour ce nouveau cap, Ajay Banga aspire à ériger son institution en banque de connaissances. L’approche prônée est celle de l’écoute. Cette nouvelle configuration permettra à la Banque mondiale de s’appuyer sur les impacts réels des projets financés et non seulement sur les fonds alloués aux projets. La Banque mondiale s’engage ainsi à mesurer l’impact de ses actions, et ce en vue de créer un cadre propice à l’utilisation de ses fonds.










