La ministre a recommandé de déployer un nouveau modèle d’action, notamment sur le plan financier, en vue de faire face aux réalités actuelles.
Le contexte incertain par lequel passe le monde ne fait qu’aggraver les fragmentations économiques. Dans le cadre des Assemblées de la Banque mondiale et du FMI, le nouveau modèle stratégique pour surmonter les moments difficiles a été passé au crible par un panel d’éminents experts. Décryptage !
«Comment se retrouver dans un monde pétri d’instabilité?». Ce questionnement a été posé lors d’une conférence qui s’est déroulée dans le cadre des travaux des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui se poursuivent à Marrakech jusqu’au 15 octobre. Cette séance a été en effet consacrée à la discussion d’un nouveau modèle stratégique pour surmonter les moments difficiles. L’idée étant de mettre l’accent sur les enseignements tirés des dernières crises qui se sont succédé au niveau mondial ces dernières années. La crise sanitaire, les conflits géopolitiques et les changements climatiques n’ont fait qu’accentuer les fragilités existantes. L’heure étant à consolider les efforts et renforcer les synergies pour créer un monde plus résilient. Dans ce panel, le Maroc avait son mot à dire. Représentant le Royaume à cette rencontre, Leila Benali a souligné l’importance de traduire ce contexte conjoncturel en opportunité. Une aubaine pour «rebâtir» les économies. «Il faut vivre dignement. Nous savons de par l’expérience marocaine qu’il faut avoir un regard vers l’avenir. Il faut nous assurer que les infrastructures que nous rebâtissons soient de meilleure qualité que dans le passé», souligne Mme Benali.
La ministre de la transition énergétique et du développement durable a dans ce sens plaidé pour plus de flexibilité et d’agilité dans la définition des mécanismes de financement. «De nouveaux mécanismes de financements s’imposent pour faire face aux différents risques qui guettent les économies mondiales, avec la succession de crises globales », peut-on relever de Mme Benali. Et d’ajouter que «les mécanismes de coopération monétaire internationale actuels doivent se réinventer pour s’orienter davantage vers les personnes les plus vulnérables». Dans son intervention, la ministre a mis l’accent sur l’importance d’une meilleure gestion des ressources financières. Se référant à Mme Benali, cette gestion se doit être plus globale et inclusive. Abordant les crises climatiques, la ministre a souligné leur double caractère «intergénérationnel et transfrontalier». Elle a dans ce sens recommandé de déployer un nouveau modèle d’action, notamment sur le plan financier, en vue de faire face aux réalités actuelles. Dans ce sillage, la ministre a mis l’accent sur la place que revêt le secteur privé dans cette dynamique.
«Le secteur privé est essentiel non pas parce que nous pensons que les Etats manquent de financement mais du fait du rôle important qu’il a à jouer. Pour le faire, il nous faut dépasser les vieux outils, l’émission d’obligation et des projets financés par les fonds propres», indique Mme Benali. Selon les estimations de la Banque mondiale, 60% des pauvres vivront d’ici 2060 dans des pays fragiles. «Nous devons agir ! Face aux crises, nous devons réfléchir à changer nos méthodes pour être plus agiles», affirme à cet égard Anna Bjerde, directrice générale de la Banque mondiale.
Et de rappeler : «Nous avons mis à jour notre vision qui compte plusieurs volets. La fin de la pauvreté dans un monde vivable est le fil d’or qui nous lie». A travers cette approche, la Banque mondiale aspire à assurer les ressources disponibles et rapidement «déployables». A cet égard, l’institution a mis en œuvre des instruments nouveaux comme elle agit avec des acteurs qui fournissent des allégements de dettes. La Banque mondiale utilise par ailleurs davantage d’instruments permettant d’utiliser les ressources plus rapidement. La réponse de la Banque mondiale vise également à renforcer la relance.










