La ministre Nadia Fettah entourée de Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, et Christine Lagarde, présidente de la BCE lors de ce panel.
Face à un monde incertain, le Maroc est appelé à gagner l’avantage concurrentiel et ce pour plus de résilience et de prospérité.
La solidité des fondamentaux macroéconomiques du Maroc ne cesse d’être saluée lors des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI. La deuxième journée de ces travaux a été marquée par la tenue d’une conférence-débat sur la riposte aux grands chocs systémiques. Une rencontre durant laquelle le Maroc a été cité en exemple. Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, a souligné la nécessité pour le Maroc de gagner l’avantage concurrentiel. Pour ce faire, la responsable du FMI appelle à se débarrasser des obstacles qui existent sur le chemin des investissements privés. Lors de son intervention, Mme Georgieva a listé les ingrédients ayant permis la résilience du modèle marocain face aux crises en insistant sur la perpétuité de cette vision car le chemin reste long à parcourir. «Le monde change et le Maroc change également !», a-t-elle fait savoir. Selon Mme Georgieva, le Royaume aurait coché la majorité des cases. La directrice générale du FMI a dans ce sens mis en relief les avancées atteintes en matière de renforcement des fondamentaux macroéconomiques. «Avec des fondamentaux forts, lorsqu’il y a des chocs qui vous tombent dessus vous êtes plus résilient», assure-t-elle en relevant le progrès atteint en matière d’atténuation de l’inflation ces dernières années. Elle est en effet passée de 13 à 5%. A cela s’ajoutent également l’effort de diversification consenti et la solidarité construite au fil des ans. «Dans un monde où il y a plus de chocs, nous avons besoin les uns des autres. Il faut une croissance plus équitable et plus de justesse dans la société», peut-on relever de la directrice générale du FMI. Pour sa part, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), estime que le Maroc sert de modèle en matière d’infrastructures. «Le Royaume a investi plus de 30% de son produit intérieur brut au cours des deux dernières décennies uniquement dans les infrastructures», assure Mme Lagarde. Et d’ajouter que «si les pays investissent massivement dans les infrastructures au fil du temps, cela change leur situation économique et leur production».
D’un point de vue marocain, Nadia Fettah, ministre de l’économie et des finances, a indiqué que «c’est la confiance qui alimente cette dynamique». Et de préciser : «C’est la raison pour laquelle nous passons aujourd’hui à la vitesse supérieure en matière de réformes. La ministre a mis en avant le caractère «long-termiste» des visions engagées. Une orientation qui inscrit l’action du Maroc dans le temps et confirme la pertinence de ses choix. « Lorsque vous avez un portefeuille de projets solides vous trouvez les partenaires et ressources nécessaires», assure la ministre tout en remerciant les institutions qui ont aidé le Maroc a réussir cette dynamique. Il est à noter que les intervenants lors de cette rencontre ont confirmé la lenteur de la croissance dans ce contexte incertain. Le niveau nécessaire n’est toujours pas atteint pour une réelle reprise, notamment après les chocs successifs que subit le monde entier. La prospérité dépend aujourd’hui de plusieurs paramètres. Citons la paix pour mettre fin aux conflits qui affaiblissent de nos jours la trajectoire de croissance. A cela s’ajoute également le renforcement des partenariats entre les rives nord et sud. Les synergies à créer favoriseraient davantage de complémentarité et par conséquent plus de résilience.
Maroc- Banque mondiale : 65 ans de partenariat

Bilan
Les 65 ans de partenariat entre le Maroc et le Groupe Banque mondiale ont été célébrés lors de l’ouverture des Assemblées annuelles de la BM et du Fonds monétaire International. En effet, le Maroc a adhéré à l’institution de Bretton Woods en 1958. Au fil de ces années, la Banque mondiale a apporté son appui au Royaume et s’est érigée comme partenaire privilégié des réformes engagées au niveau national. Au titre de ces six décennies de partenariat, la Banque mondiale a financé plus de 230 projets pour un montant d’environ 21 milliards de dollars. Le portefeuille actif de projets de la Banque mondiale au Maroc s’élève, pour sa part, à plus de 7 milliards de dollars et reflète la convergence durable entre les interventions de la BM et les priorités de l’Exécutif.
« En application des Hautes Orientations Royales, le gouvernement s’attelle, depuis octobre 2021, à l’édification de l’Etat social, à travers les réformes prioritaires de la protection sociale, de la santé et de l’éducation, a-t-il rappelé, relevant que ces secteurs représentent 36% du montant du portefeuille actif de la Banque mondiale au Maroc », a indiqué dans ce sens le chef de gouvernement Aziz Akhannouch.
Et de conclure que « la Banque mondiale soutient également les autres priorités de l’Exécutif, aussi bien dans les secteurs vitaux, notamment de l’eau et de l’agriculture, que dans les domaines de la gouvernance et de la transition numérique, notant que le Royaume et la Banque mondiale peuvent capitaliser sur cette collaboration exemplaire et ambitieuse ».
Des perspectives fades pour l’économie mondiale
Prévisions
Selon les dernières projections du FMI, la croissance mondiale s’inscrirait en ralentissement en 2023. Elle passerait de 3,5% en 2022 à 3% en 2023. Le FMI, dans son nouveau rapport, évoque une économie boiteuse. Pour 2024, la croissance devrait revenir à 2,9%. Cette prévision a été revue à la baisse par rapport aux prévisions de juillet qui tablaient sur 3% de croissance. Un repli qui est lié à une reprise plus lente après les chocs de la pandémie Covid-19 et de crise ukrainienne. Il est à noter que le ralentissement est plus prononcé dans les économies avancées que dans les marchés émergents et en développement.
Pour les économies avancées, le ralentissement attendu est de 1,5% en 2023 et de 1,4% en 2024, contre 2,6% en 2022. Selon le FMI, la dynamique économique sera plus forte que prévu aux Etats-Unis, mais la croissance sera par contre plus faible que prévu dans la zone euro. Les marchés émergents et les économies en développement devraient connaître une légère baisse de leur taux de croissance, passant de 4,1% en 2022 à 4% en 2023 et 2024, soit une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage pour 2024.










