La production des olives, arrêtée à octobre 2023, a été estimée à 1,07 million de tonnes, soit le même niveau que la campagne précédente, malgré la sécheresse persistante. Le nouveau programme intégré à la stratégie Génération Green priorise la commercialisation du marché national.
Elle a une place stratégique. Il s’agit de la principale filière fruitière cultivée, représentant 68 % de la superficie arboricole nationale. Et c’est tout là l’enjeu de concocter un nouveau programme de la filière oléicole. Preuve en est que cette dernière absorbe plus de 50 millions de journées de travail par an, l’équivalent de plus de 200.000 emplois permanents, dont plus de 25% dédiés aux femmes.
Pour l’automne 2023, la production nationale prévisionnelle des olives a été estimée à 1,07 million de tonnes, similaire à celle de la campagne précédente, malgré un déficit hydrique sévère persistant. La contre-performance est toutefois de 44% par rapport à l’automne 2021 qui avait enregistré un niveau record historique de 1,9 million de tonnes, en termes de production. Cette baisse de production a surtout affecté les régions de Marrakech-Safi, l’Oriental et Béni Mellal-Khénifra avec respectivement -42, -17 et -10%.
Cette baisse a été expliquée par trois raisons. La première est liée à la sécheresse persistante des 2 dernières campagnes provoquant un stress hydrique continu dans différentes régions de production à des degrés d’intensité différencié et selon les types de sources d’irrigation (barrage/puits/source). La seconde qui a fortement impacté les rendements est liée à la vague de chaleur qui a sévi, durant le mois d’avril dernier, au moment de la floraison des vergers oléicoles dans différentes régions. Le dernier est celui de la grêle survenue dans certaines zones de la région de l’Oriental, notamment la province de Taourirt.
Pour ce qui est des prévisions, cette production est concentrée à hauteur de 63%, principalement, dans les régions de Fès-Meknès (27%), de l’Oriental (19 %) et de Tanger- Tétouan -Al Hoceima (17%). «Les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Drâa-Tafilalet et Tanger Tétouan-Al Hoceima affichent des hausses respectives de 39 et 14% par rapport à l’automne 2022», rapportent les experts. Cette production prévisionnelle des olives indexée au prix en cours devrait permettre de générer un chiffre d’affaires en amont estimé à 7,4 milliards DH, soit une augmentation de 10% par rapport à l’automne 2022.
Il faut dire que même à l’échelle internationale, la production prévisionnelle de l’huile d’olive est fortement impactée négativement par des conditions climatiques extrêmes, notamment chez les pays méditerranéens. «Cette situation du marché mondial n’étant pas en faveur d’un développement harmonieux de la commercialisation de l’huile d’olive nationale », explique la même source.
C’est dans cet environnement complexe que « le gouvernement a décidé de soumettre à licence l’exportation des olives à l’état frais ou réfrigéré, les olives transformées, l’huile d’olive et l’huile de grignons d’olives, conformément aux dispositions de l’article premier de la loi 13-89 relative au commerce extérieur. Cette mesure qui interdit l’export, sauf sur autorisation, demeure valable jusqu’au 31 décembre 2024 ». L’objectif est à la fois de valoriser la production nationale localement mais aussi d’assurer l’approvisionnement normal et régulier du marché national. Cette mesure devrait aussi contribuer à stabiliser les prix à la consommation à des niveaux normaux, d’assurer la viabilité et la pérennité de la filière oléicole en tenant compte de la sécurité alimentaire du citoyen marocain.
Le département de l’agriculture, à travers l’ONSSA, a mis en place, en effet, un dispositif de contrôle de la qualité de l’huile d’olive en conformité à la réglementation en vigueur, qui s’articule autour des plans de contrôle effectués au niveau de la production (établissements autorisés ou agréés), des points de vente des produits issus d’établissements autorisés ou agréés et les produits importés et exportés. Compte tenu de toutes ces nouvelles mesures, la filière oléicole s’inscrit dans une nouvelle dynamique. Le nouveau contrat programme pour la période 2021-2030, signé le 4 mai dernier, en témoigne. Il s’intègre à la dernière déclinaison de la stratégie Génération Green pour la poursuite du développement de la filière oléicole à l’horizon 2030. Le contrat programme fixe, par ailleurs, les engagements de la Fédération interprofessionnelle des olives (Interprolive) et de l’Etat pour la mise en œuvre du programme de développement de la filière et la gouvernance de son organisation professionnelle.
Une enveloppe budgétaire globale de près de 17 milliards de dirhams dont 8,3 milliards de dirhams émanant de l’Etat a été consentie sur la période 2021-2030 pour actionner un tel chantier. Les dés sont jetés. Les règles fixées…
Le programme retient l’extension de la superficie de 300.000 ha pour atteindre 1,4 million d’ha, contre 1,1 million d’ha en 2020. Les plantations existantes sur une superficie existante de 100.000 ha devront être réhabilitées. L’objectif aussi est d’améliorer la production pour atteindre 3,5 millions de tonnes. Enfin, les investissements réalisés dans le cadre des projets pilier II du Plan Maroc Vert sur une superficie de 100.000 ha devront être pérennisés.










