L’administration publique perdra dans les cinq années à venir quelque 65.000 fonctionnaires qui partiront à la retraite sur la période 2023-2027. Cela représente plus de 10% des effectifs globaux de l’administration. Entre-temps, l’État créera évidemment de nouveaux postes budgétaires et embauchera de nouveaux bras : 27.000 en 2022, 28.000 en 2023 et plus de 30.000 prévus pour 2024. Ce rythme suffira à peine à renouveler les effectifs pour les garder au même niveau. Or, et contrairement à une fausse perception répandue, souvent aux relents populistes, les effectifs de la fonction publique marocaine sont très loin d’être pléthoriques. Ils sont même très insuffisants au regard de l’évolution de la charge du service public. Pour s’en convaincre, un seul indicateur suffit à lui seul: le ratio des effectifs des agents publics rapportés à la population. Le Maroc avec ses quelque 565.000 agents affiche un rapport de 15 fonctionnaires pour 1.000 habitants. Cet indicateur dépasse largement la barre de 100 dans des pays connus pour être des modèles de gouvernance publique comme la Norvège (160), le Danemark (140), la Suède (130), la Finlande (114) ou encore la France (89) et les exemples sont légion. Souvent pointée à tort, la fonction publique souffre visiblement d’un sous-effectif chronique au moment où le service public est appelé à monter en gamme pour accompagner un Maroc en pleine transformation. Le débat n’est donc pas dans le nombre de fonctionnaires mais plutôt dans leur organisation et leur déploiement sur le territoire censé être plus équitable.










