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Rabat capitale africaine de lutte contre la corruption

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Le plaidoyer du président de l’INPPLC lors de la conférence internationale marquant les 12 ans de la Déclaration de Marrakech

Douze ans après la Déclaration de Marrakech, une conférence internationale est organisée pour faire le point. L’événement reflète une mobilisation de l’Afrique pour renforcer le rôle de la prévention de la corruption. Les détails.

Les regards se tournent à Rabat qui accueille une conférence internationale sur la lutte contre la corruption. Organisé par l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) en partenariat avec l’ONUDC (l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime), l’événement est marqué par la participation des personnalités de très haut niveau représentant les organisations internationales, ainsi que des officiels de l’ensemble des régions d’Afrique. Le but est de mieux cerner les enjeux et contribuer à apporter une réflexion profonde sur les leviers à même de permettre aux pays africains d’endiguer le phénomène de la corruption et d’ouvrir la voie vers un développement soutenu et durable, capable de répondre aux aspiration et attentes légitimes des citoyens de ces pays. Intervenant à cette occasion, le président de l’INPPLC, Mohammed Bachir Rachidi, a affirmé que «c’est la centralité de la prévention qui a porté la communauté internationale à adopter la Déclaration de Marrakech lors de la COSP 4 qui s’est tenue au Maroc en 2011. Et c’est cette même conviction qui, douze ans après, s’est davantage renforcée pour nous inciter collectivement à nous mobiliser et à unir nos forces et puiser dans nos visions et expériences respectives afin de donner aujourd’hui une nouvelle profondeur et un nouvel élan à l’esprit de la Déclaration de Marrakech».

Et de poursuivre : «La conférence à laquelle nous participons aujourd’hui se veut une occasion pour consolider ces efforts et les renforcer à travers le partage et l’enrichissement mutuel, en approfondissant la réflexion sur les grands axes structurants de la Déclaration de Marrakech et des différentes résolutions qui ont été adoptées pour le suivi de sa mise en œuvre». Pour les organisateurs, l’ambition, au-delà du temps de cette conférence, est de créer les connexions et les rapprochements entre les acteurs concernés, en vue de porter ces sujets dans la durée et de leur donner la profondeur nécessaire pour alimenter les décideurs et propulser une dynamique continentale forte, appuyée par les plus hauts dirigeants des Etats, les acteurs politiques, la sphère économique, le tissu social, la société civile et les organisations internationales impliquées dans ce domaine. Les recommandations issues de cette conférence seront présentées lors d’une session parallèle dans le cadre de la 10ème Conférence des Etats parties à la CNUCC qui se tiendra en décembre 2023.

Phénomène

Le phénomène de la corruption est reconnu comme un phénomène bien présent et assez répandu dans le monde, mais aussi au niveau de notre continent : sur la dernière décennie, les estimations des organisations internationales de l’impact économique de la corruption, aux niveaux mondial et continental, se multiplient et convergent vers des chiffres astronomiques. Pour notre continent, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies estimait, il y a déjà plusieurs années, l’impact de la corruption en Afrique à plus de 146 milliards de dollars par an, soit plus de 6% du PIB continental. Le rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique estimait en 2020 que chaque année 88,6 milliards de dollars quittent le continent sous forme de flux illicites de capitaux. Un niveau qui dépasse l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers (IDE) que le continent reçoit chaque année.

Aussi, tous les rapports nationaux et internationaux en la matière confirment les effets dévastateurs de la corruption sur le développement. Cela affaiblit la possibilité de libérer les énergies locales et de saisir les opportunités pour assurer un développement socio-économique en phase avec les vraies potentialités des pays et des localités. Pire, cette situation prend de l’ampleur dans un contexte où l’ouverture des marchés, la sophistication des organisations et le développement des technologies sont pleinement exploités au service des pratiques de corruption, de blanchiment et de crimes financiers. Une ampleur qui assèche les moyens du développement et menace la stabilité des pays et de la région dans sa globalité. Pour y faire face, il s’avère nécessaire d’adopter une approche holistique et multidimensionnelle, qui combine à la fois les aspects liés à la répression, à la sensibilisation ainsi que ceux relevant de la prévention.

«L’ambition, au-delà du temps de cette conférence ouverte sur le monde, avec une forte participation africaine, est de créer les connexions et les rapprochements entre les acteurs concernés, en vue de porter ces sujets dans la durée et de leur donner la profondeur nécessaire pour alimenter les décideurs de nos différents pays», a expliqué le président de l’INPPLC. Et de conclure : «Cette même ambition commence par porter collectivement la proposition d’une nouvelle résolution de « Rabat » qui prendrait le relais de celle de « Marrakech» en vue de la faire adopter lors de la COSP 10, prévue en décembre prochain à Atlanta. Une résolution que nous souhaitons forte, capable de propulser une réelle dynamique en matière de stratégies nationales et de coopération internationale dans le domaine de la prévention de la corruption et son rôle dans le développement des pays et de la stabilité dans le monde».

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