Editorial

Vocation inexploitée

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La vocation maritime du Maroc est naturelle. Le pays dispose d’une façade littorale longue de 3.500 km dont 2.500 km sur l’océan Atlantique. Il est doté de plusieurs ports modernes et aux standards internationaux comme Tanger Med mais aussi Mohammedia, Casablanca, Jorf Lasfar et, dans quelques années, le grand port de Dakhla. Avec tout cela, il souffre d’une anomalie de taille : le Maroc ne possède pratiquement pas de flotte maritime commerciale au vrai sens du terme si ce n’est quelques rares bâtiments exploités par des opérateurs privés à une échelle réduite. Il y a quelques années, dans le cadre d’une opération de nettoyage urgente des participations publiques, l’État s’était débarrassé de sa seule compagnie maritime, la Comanav, cédée à un transporteur international français.

Or aujourd’hui, paradoxalement, le trafic maritime est celui qui assure et assurera encore longtemps la majeure partie des échanges commerciaux internationaux sur lesquels le Maroc est déjà positionné et surtout ambitionne de s’y renforcer. Et cela ne pourra pas se faire tant que les opérateurs économiques marocains resteront tributaires et dépendants de transporteurs étrangers dont les intérêts et les priorités ne sont pas forcément les mêmes. La mise sur pied d’un pavillon maritime marocain fort est plus que jamais urgente parce qu’il y va, une fois de plus, de la souveraineté économique du Maroc. Et dans son dernier discours du 6 novembre, le Souverain a bien mis à juste titre le doigt sur la question et ouvert une voie de réflexion.