EditorialUne

Croissance à la portée

© D.R

Les dernières statistiques sur le marché du travail, rendues publiques périodiquement par le HCP, ont, comme à l’accoutumée, fait débat.

Des débats tellement passionnés et accaparés par quelques grandeurs et chiffres clés, parce que les plus spectaculaires, qu’on en oublie aussi de décortiquer d’autres informations et constats chiffrés apportés par les statistiques, qui peuvent aussi si ce n’est plus instructifs et, surtout, qui peuvent donner lieu à des réflexions plus productives. L’un de ces constats concerne la féminisation de la population active et de l’emploi. Le chiffre n’est d’ailleurs pas nouveau et connu depuis longtemps : le taux d’activité parmi la population féminine en âge de travailler est très bas, à peine 18,4% contre 69% pour les hommes. Le nombre de femmes en dehors du marché du travail dépasse les 11,2 millions. Le Maroc sur ce sujet fait bien moins que la moyenne mondiale qui est de 47%.

L’enjeu n’est pas seulement d’insérer les femmes dans le cycle productif et de leur procurer une source de revenu et de subsistance.
Une analyse récente d’économistes et experts internationaux a estimé que si l’écart entre le taux d’activité des femmes et celui des hommes est réduit de seulement 6 points de pourcentage, cela générerait mécaniquement une augmentation du PIB de 8% sur le long terme. C’est plus que le niveau de croissance durable que le Maroc recherche et doit atteindre rapidement dans les quelques années à venir. Une quête qu’il poursuit depuis des années. Pourtant, il suffit d’insérer entre 2 et 3 millions de femmes dans le marché du travail…