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Une institution sans but lucratif sur cinq fonctionne avec un budget annuel de moins de 5.000 DH

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Leur nombre est en constante augmentation depuis 2007

L’accès au financement et le manque d’équipement constituent les principaux obstacles au développement des institutions sans but lucratif ( ISBL). Selon une enquête du HCP, 54,7% de ces institutions ne possèdent pas de locaux pour exercer leurs activités.

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de publier une note relative aux résultats de l’enquête nationale auprès des institutions sans but lucratif (ISBL) menée en 2021/2022 au titre de l’exercice 2019 et qui a ciblé un échantillon de 14.500 unités représentatives des différentes composantes de ce secteur et de l’ensemble du territoire national. Il ressort de cette enquête que le nombre d’ISBL estimées actives en 2019 a atteint près de 187.834 unités, contre 44.771 unités en 2007, soit un taux de croissance annuel moyen de 12,7%. Le taux d’activité de ces institutions se situe aux alentours de 89% parmi les 210.000 ISBL répertoriées. Le secteur des ISBL est relativement constitué d’unités jeunes. Plus de la moitié de ces institutions (54%) ont été créées entre 2011 et 2019 et près de 8 sur 10 depuis le lancement de l’INDH en 2005. L’âge moyen de ces institutions est de 10 ans et l’âge médian est de 8 ans.

Le secteur des ISBL a pu attirer plus de 41 millions d’adhésions, soit une moyenne de 219 adhésions par ISBL. La quasi-totalité (99,5%) est constituée de personnes physiques et 41% d’entre elles sont des femmes. La région de Rabat-Salé-Kénitra concentre plus d’un quart des adhésions du secteur et présente le nombre moyen d’adhésions par ISBL le plus élevé au niveau national, soit 463 adhésions par institution. Ces institutions sont présentes sur tout le territoire national, avec des effectifs relativement importants au niveau des régions de Casablanca-Settat (13,2%), de Marrakech-Safi (13,1%), de Rabat-Salé-Kenitra (12,4%), de Fès-Meknès (12,8%) et de Souss-Massa (12,4%).

Près de 13,5 millions d’adhésions dans le domaine «culture, sports et loisirs»
Les actions des ISBL restent, cependant, concentrées dans les domaines de «Culture, sport et loisirs» (30,9% des ISBL), de « Développement et logement» (27,6%) et de l’«Education et Recherche» (14,4%). La répartition des adhésions par domaine d’activité révèle que près d’une adhésion sur trois est enregistrée dans le domaine «Culture, sports et loisirs», qui compte près de 13,5 millions d’adhésions et une moyenne de 232 adhésions par ISBL. Par ailleurs, près des trois quarts de ces institutions (72,6%) servent une population locale, soit dans le quartier, le douar, la commune urbaine ou la commune rurale.

Plus de 54% des institutions ne possèdent pas de locaux
Selon les résultats de l’enquête, plus de la moitié des ISBL (54,7%) ne possèdent pas de locaux pour exercer leurs activités. A noter que seulement 9,5% sont propriétaires et 9,2% sont locataires et 26,6% sont hébergées à titre gratuit (principalement par des institutions publiques (57,4%) ou par l’un des membres des ISBL (35,5%)). Autre constat alarmant : seulement une minorité d’ISBL détient une comptabilité. Sur le plan de la gestion financière, la quasi-totalité (96,7%) des ISBL ne tient pas de comptabilité selon les normes en vigueur. Par domaine d’activité, la proportion des ISBL disposant d’une comptabilité formelle est de 51,4% pour le domaine des «Activités internationales» et seulement de 1,8% pour les «Congrégations et associations religieuses».

93,3% ont recours au travail bénévole
Le bénévolat constitue la principale force de travail du secteur. Les résultats de l’enquête révèlent que 93,3% des institutions du secteur ont recours au travail bénévole. Les bénévoles réguliers étaient en nombre de 842.000 et ont travaillé près de 193 millions d’heures. Les participations des bénévoles occasionnels ont atteint 4,2 millions, avec un volume de travail de 72 millions d’heures en 2019, soit l’équivalent de 315.000 bénévoles réguliers. Au total, les ISBL ont bénéficié de la contribution de près de 1.157.000 bénévoles réguliers ou équivalents. Ces derniers ont consacré près de 265 millions d’heures au service des ISBL, soit l’équivalent d’environ 179.000 emplois équivalents temps plein. Près d’un tiers des bénévoles ont servi le domaine de «Culture, sport et loisirs», soit 31,9%, suivi du domaine de «développement et logement» qui a attiré plus d’un quart (26,5%).

Concernant l’emploi rémunéré, 36% des ISBL y ont recours, ce qui correspond à un nombre d’ISBL employeuses de 67.500 unités en 2019. Ces institutions ont employé, en 2019, 116.600 personnes à plein temps et leur ont versé des salaires d’un montant de 2,9 milliards DH ; soit un salaire annuel moyen par personne travaillant à plein temps de l’ordre de 25.600 dirhams. Le secteur a également fait appel à plus de 272.000 personnes à temps partiel qui ont perçu des salaires d’un montant de 1,1 milliard de dirhams. Ces derniers ont travaillé plus de 79 millions d’heures, ce qui correspond à environ 53.500 emplois équivalents temps plein.

Plus de 8 institutions sur 10 fonctionnent avec un budget annuel de moins de 100.000 DH
Les recettes financières totales du secteur s’élèvent à près de 34,4 milliards DH en 2019, avec une recette annuelle moyenne de 182.881 DH par institution. La moitié des ISBL perçoit, par ailleurs, des recettes annuelles inférieures à 27.500 DH. Une institution sur cinq fonctionne avec un budget annuel de moins de 5.000 DH et seules 3% disposent d’un budget supérieur ou égal à 500.000 DH annuellement. Il est à signaler que les institutions ( 1,3%) dont le budget annuel est supérieur ou égal à un million de dirhams concentrent 64,3% des ressources du tissu associatif. En revanche, 81,2% des ISBL disposent de ressources annuelles inférieures à 100.000 DH et se partagent 11,7% de l’ensemble des ressources des ISBL.

Plus de 9 institutions sur 10 souffrent du manque d’équipements
Les ISBL sont confrontées, dans leur majorité, à de multiples contraintes pour la réalisation de leurs missions, notamment l’absence ou le manque d’équipement pour leur fonctionnement et l’accès au financement. En effet, plus de 9 institutions sur 10 déclarent souffrir du manque ou d’absence d’équipements essentiels et environ 8 sur 10 déclarent avoir des difficultés d’obtenir un financement. La non-disponibilité des bénévoles constitue également un problème pour 63% des ISBL. Il faut aussi relever que la moitié d’entre elles déclare trouver des difficultés à offrir une formation aux bénévoles.

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