Editorial

Pas de concessions sur le pédagogique

© D.R

En ouverture de la réunion du Conseil de gouvernement, le chef de l’Exécutif a adressé aux syndicats un nouvel appel au dialogue en réitérant l’attachement et la détermination du gouvernement à déployer une réforme globale de l’enseignement. Les mots utilisés ne sont pas choisis fortuitement. Quand le gouvernement qualifie la réforme de globale c’est parce que le débat actuel et les grèves aussi sont de nature à focaliser l’attention de l’opinion publique presque exclusivement sur des aspects financiers et matériels. C’est le cas notamment des salaires que les grévistes, soit dit en passant, veulent voir doubler. Mais ceci est un autre débat. Cela dit, ils ne parlent pas, ou que très peu, du cœur même de la réforme, à savoir les aspects pédagogiques et les contenus des programmes censés constituer le principal levier d’amélioration. Les enseignants grévistes, probablement encadrés et bien briefés par les groupuscules qui mènent sans apparaître, font tout pour que le débat actuel sur la réforme soit réduit aux seules questions matérielles les concernant directement. En d’autres termes, ils sont en train de vider, volontairement ou non, la nouvelle réforme de sa véritable substance, c’est-à-dire le contenu pédagogique. Et c’est exactement ce même mode opératoire qui a saboté toutes les tentatives de réformes que les pouvoirs publics ont initiées, notamment celle de 1985 et surtout celle de la Cosef en 1999. De ces politiques, il n’est rien resté sauf évidemment les avantages accordés au corps enseignant. Faire aujourd’hui des concessions sur les aspects pédagogiques c’est condamner la réforme à l’échec certain comme le voudraient peut-être certains…