La construction d’un espace de coopération atlantique élargie se présente comme une chance à saisir pour les deux rives et bien au-delà en Afrique.
Coopération : Plusieurs temps forts ont marqué la 12ème édition de «The Atlantic Dialogues» dont les travaux ont pris fin le 16 décembre à Marrakech. Cette conférence qui a eu pour thème cette année «A More Assertive Atlantic : Its Meaning for the World» (Un Atlantique plus affirmé : sa signification pour le monde) a été l’occasion pour les experts présents d’approfondir la réflexion sur une coopération atlantique élargie. Organisée par Policy Center for the New South, cette rencontre internationale a réuni pendant 3 jours plus de 400 personnalités de 80 nationalités différentes du bassin atlantique.
Clap de fin pour les travaux de la 12ème édition de «The Atlantic Dialogues» qui s’est déroulée du 14 au 16 décembre dans la ville ocre. Cette année, l’approche atlantique de la conférence a été confortée par la volonté exprimée par le Maroc de s’ouvrir davantage à une coopération élargie. Au fil des ans, les dialogues de l’Atlantique renforcent leur positionnement comme une plateforme incontournable d’échanges et de construction d’idées entre le Nord et le Sud et au sein des pays du Sud. En effet, la construction d’un espace de coopération atlantique élargie se présente comme une chance à saisir pour les deux rives et bien au-delà en Afrique. «Nous voulons créer des opportunités de réflexions élargies», affirme Karim El Aynaoui, président exécutif du Policy Center for the New South, lors de la séance de clôture de cette rencontre. Il faut dire que dans un contexte de succession de crises et de guerre, les choses semblent complexes. «2024 sera une année dure. Ce qui se passe au Moyen-Orient et en Ukraine va à un moment s’embraser. Il y aura des moments d’épreuves pour certains pays d’Afrique qui ont connu des coups d’Etat car ils vont devoir délivrer des résultats et la population l’exigera. Pour ce qui est du changement climatique il n’y aura pas beaucoup d’amélioration et d’avancées. Nous avons des élections dans différents endroits du monde (…) dans les grandes économies et là encore les élections pourraient apporter beaucoup de changements et de défis. C’est une année d’élections un peu partout dans le monde (…). Je pense que ça sera une année difficile», explique Karim El Aynaoui notant par ailleurs que le PCNS contribue à travers ses projets initiés et ses pistes de réflexions créées à aider les politiques et trouver des solutions. Il a également affirmé que l’objectif des «Atlantic Dialogues» est de diriger l’attention vers le Sud global.
M. El Aynaoui a relevé que cette édition s’est inscrite dans la continuité du discours de SM le Roi à l’occasion du 48ème anniversaire de la Marche Verte, qui a conceptualisé la place du Maroc dans l’Atlantique et sa relation avec l’ensemble des pays de l’Afrique atlantique, mais également avec le Sahel. Pour le président exécutif du PCNS, les échanges ayant marqué cette conférence reflètent la nature même du Royaume, qui est «un pays ouvert, stable, raisonnable et fiable dans ses engagements».
Omar Hilale : Le Maroc peut aspirer à devenir membre permanent du Conseil de sécurité
Le Maroc a toute sa place au sein du Conseil de sécurité. A l’issue de sa participation au panel sur «Les turbulences mondiales : réponse aux crises, coopération et renforcement de la résilience» qui s’est tenu le 16 décembre 2023, Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du Maroc aux Nations Unies, a évoqué lors d’un point-presse les atouts permettant au Maroc de briguer un siège au sein du Conseil de sécurité rappelant que le Royaume, en tant que membre de l’Union africaine, peut prétendre à un des deux sièges permanents qui seront accordés au continent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Il a fait référence à la crédibilité du Royaume, sa stabilité politique, sa légitimité, son histoire et sa civilisation millénaires, sa puissance économique, ses capacités militaires et sa stratégie de coopération et de solidarité avec les pays du Sud, notamment avec le continent africain. «Avec tous ces atouts, le Maroc peut aspirer légitimement à devenir membre permanent du Conseil de sécurité parce qu’il a cet avantage de constance et de modération de sa diplomatie. Il a surtout la chance d’avoir un Souverain visionnaire avec cinq siècles de monarchie alaouite et dix siècles d’Etat marocain national», a affirmé M. Hilale. Il a aussi mis en exergue les qualités de la diplomatie marocaine qui a toujours été une diplomatie de construction des ponts, de compromis, d’engagement en faveur de la paix et de solidarité. «Là où les pays ont besoin du Maroc, le Maroc est toujours présent avec son assistance humanitaire, son appui institutionnel, ses centaines d’accords qu’il a signés avec les pays africains grâce aux dizaines de voyages que Sa Majesté le Roi a effectués en Afrique», a-t-il indiqué. Et de rappeler le rôle du Maroc dans le maintien de la paix citant notamment ses différentes participations aux opérations de maintien de la paix à travers le monde depuis 70 ans. En effet, plus de 100.000 soldats marocains ont fait leur rotation au sein des missions de maintien de la paix de l’ONU à travers le monde.
Youssef Amrani met en avant l’action diplomatique marocaine
Participant au panel sur «Perspectives d’un Atlantique élargi : Similitudes et différences» qui s’est déroulé le 15 décembre 2023, l’ambassadeur désigné du Maroc aux Etats-Unis d’Amérique, Youssef Amrani, a mis l’accent sur le fait que «l’Atlantique est une chance et une aubaine géopolitique, un espace d’opportunités et un terrain prospère pour des processus d’intégration réussis». Il a par ailleurs rappelé que l’Atlantique fait également face à des défis qui nécessitent des investissements massifs doublés d’un leadership politique substantiel. «Cet espace a besoin de politiques régionales et sous-régionales cohérentes, tournées vers l’avenir, inclusives et transversales, en particulier dans sa dimension africaine», a-t-il indiqué relevant que les pays du Sud, que ce soit en Amérique latine ou en Afrique, sont confrontés aux mêmes problèmes, en termes de développement, de bonne gouvernance et de fourniture de services sociaux. Il a évoqué le fait que la connectivité est la clé d’une coopération durable et que relier les rives par davantage de câbles, de pipelines et de routes offre immédiatement non seulement un avantage économique, mais catalyse également une forte volonté politique de promouvoir la coopération, en obstacle et en opposition à toutes alternatives de division.
M. Amrani a souligné que la priorité est d’établir des mécanismes de coopération qui puissent promouvoir l’intégration, pas seulement économique mais également politique, sécuritaire, humaine, culturelle et scientifique. A ce propos, il explique : «C’est là le cœur de l’action diplomatique du Maroc impulsée par Sa Majesté le Roi au sein du l’UA, mais également dans l’ensemble de nos relations de partenariat avec nos pays frères et amis africains».
Selon M. Amrani, pour le Maroc, l’Atlantique n’est pas une simple construction géographique. «Il s’agit d’un espace de projection élargi qui permet au Royaume de relier les axes de ses efforts d’intégration de grande envergure dans son environnement immédiat, son voisinage et ses flancs maritimes ouverts sur une multitude de partenaires traditionnels et stratégiques des Amériques», a-t-il relevé.











