Sécurité, puissance militaire et navale, lutte contre le terrorisme, scolarisation…
Selon le dernier rapport de l’Institut royal des études stratégiques (IRES) sur l’évolution du positionnement international du Maroc, le Royaume a réalisé des avancées au niveau de la sécurité globale et la puissance militaire, la généralisation de la scolarisation et l’alphabétisation ainsi qu’au niveau du développement humain.
Les détails.
L’Institut royal des études stratégiques (IRES) vient de publier son tableau de bord stratégique qui donne un aperçu et un suivi de l’évolution du positionnement du Maroc sur le plan international dans les domaines politique, économique, social, culturel et environnemental. Le tableau de bord stratégique comprend au total 204 indicateurs stratégiques. En matière de sécurité globale, le Maroc figure dans le top 7 des pays les plus paisibles dans la région MENA. Toutefois, le rapport signale un recul du positionnement du Maroc au niveau de l’indice global de paix. Le Royaume est ainsi passé de la 66ème place en 2008 à la 84ème place en 2023. S’agissant de l’indice «Fragile State», on note un positionnement intermédiaire du Maroc au titre de cet indice.
Le Royaume occupe la 90ème place sur 179 pays en 2023 alors qu’il se hissait au 88ème rang en 2007. Concernant l’indice global de terrorisme, l’IRES relève dans son rapport une amélioration notable du classement international du Maroc au titre de cet indice, reflétant l’engagement actif du Royaume dans la lutte contre le terrorisme et les efforts menés par les autorités sécuritaires en la matière, notamment les actions continues pour le démantèlement des cellules terroristes. Pour ce qui est de la sécurité intérieure, le Maroc maintient un haut niveau de sécurité publique nationale grâce à diverses initiatives, dont l’établissement de nouvelles entités sécuritaires, le renforcement de leurs capacités opérationnelles et la formation des forces de l’ordre pour faire face aux nouvelles formes de criminalité. Une augmentation des effectifs de police, hautement qualifiés pour faire face aux nouveaux défis en matière de sécurité est à signaler.
Ainsi, le nombre de policiers pour 100.000 habitants est passé de 147 en 2003 à 310 en 2020. Quant au taux d’homicides volontaires, l’IRES signale un recul du classement du Maroc au titre de cet indice, en raison, notamment, de la hausse de la consommation de psychotropes, de la dégradation de la santé mentale et de l’augmentation des homicides familiaux, selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Ainsi, le Maroc est passé de la 39ème place en 2018 à la 44ème en 2021.
Indice des plus grandes puissances navales : Le Maroc se hisse au 25ème rang mondial
En matière de défense, le document fait état d’une amélioration significative du classement international du Maroc en termes de puissance militaire grâce à l’implémentation d’une stratégie militaire visant la modernisation et le développement de systèmes de défense avancés. Selon l’Institut «Global Firepower», le Maroc se positionne en 2023, au titre des capacités de son armée, à la 6ème place au niveau mondial sur 145 pays et à la 7ème place au niveau africain.
Au niveau de l’indice de puissance militaire maritime, on relève un classement favorable pour le Maroc au titre de l’indice des plus grandes puissances navales grâce au renforcement des capacités navales du Royaume, qui dispose d’un effectif de 121 navires militaires. Le Royaume occupe la 25ème position mondiale et la 4ème au niveau africain. Les dépenses militaires représentent 3,65% du PIB durant la période 2012-2022. Les importations d’armes ont augmenté avec un montant qui est passé de 125 millions de dollars en 2000 à 352 millions de dollars en 2022.
Amélioration notable du taux de scolarisation dans le secondaire collégial
S’agissant du taux d’alphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans , celui-ci a gagné plus de 30 points entre 2000 et 2022 en passant de 65 à 98,5% en relation avec la généralisation de l’enseignement dans le premier cycle de l’enseignement fondamental. Les dépenses d’éducation se sont établies à 5,77% du PIB en 2022 contre 6,8% en 2020. Bien que les dépenses d’éducation soient importantes en pourcentage du PIB, le rendement de ces dépenses reste insuffisant au regard des taux élevés de redoublement, de la dégradation de la qualité du système éducatif, du niveau élevé des inégalités éducatives, notamment entre les milieux urbain et rural ainsi qu’entre l’enseignement public et privé. Une généralisation de la scolarisation est à relever au niveau de l’enseignement primaire.
Le taux net de scolarisation est ainsi passé de 65,9% en 1998 à 99,47% en 2022. Une amélioration notable du taux de scolarisation au niveau de l’enseignement secondaire collégial est à signaler . Ce taux a atteint 95,5% en 2022 contre 24% en 1998. L’IRES fait remarquer que cette avancée est le fruit des reformes éducatives initiées par le Maroc pour encourager la rétention des élèves dans le système éducatif. On note également une progression considérable du taux net de scolarisation au niveau de l’enseignement qualifiant qui s’est établi à 77,24% en 2022.
Cette progression est attribuable à l’expansion des capacités d’accueil à travers la construction de nouveaux établissements ainsi qu’aux efforts déployés par le Maroc, durant les dernières années, en matière de lutte contre la déperdition scolaire. Enfin, il est important de relever une baisse notable du taux cumulé d’abandon scolaire dans l’enseignement primaire, entre 1999 et 2022, grâce aux multiples programmes mis en place par les pouvoirs publics pour faire face à ce fléau, notamment le programme «Tayssir».
Droits de l’enfant : Des avancées majeures
Le Maroc a gagné 6 places, entre 2015 et 2022, dans le positionnement international des pays en fonction du degré d’inclusion des enfants et des femmes. Il est classé parmi les pays à inclusion «modérée» de ces catégories de la population. Le Maroc est passé de la 106ème place en 2015 à la 100ème en 2022. S’agissant de l’indice des droits de l’enfant, le Maroc a enregistré une avancée en termes de positionnement international au titre de cet indice en passant de la 81ème place en 2013 à la 67ème en 2023 grâce aux mesures entreprises par les pouvoirs publics en matière de respect et de protection des droits de l’enfant. Toutefois, cette catégorie de la population demeure confrontée à divers problèmes, en particulier la pauvreté et la vulnérabilité.
L’encadrement médical et paramédical est de 17 pour 10.000 habitants
Le Maroc fait face depuis plusieurs années à une pénurie de médecins et d’infirmiers. L’encadrement médical et paramédical au Maroc qui est de 17 pour 10.000 habitants dont 7 médecins et 10 infirmiers reste en dessous du seuil critique fixé par l’OMS (25 pour 10.000 habitants). L’IRES estime que la crise sanitaire de 2020 a conforté la nécessité d’entreprendre une réforme en profondeur du système de santé national, tout en faisant de la valorisation du capital humain un enjeu de souveraineté nationale dans un contexte marqué par la généralisation de la couverture médicale.
S’agissant de la densité litière, dans son rapport l’IRES fait état d’une insuffisance du nombre de lits hospitaliers. L’offre actuelle demeure en deçà de la demande importante engendrée par l’accroissement démographique et par le chantier de la généralisation de la couverture sociale. Par ailleurs, le Maroc a réalisé un progrès significatif au titre de la mortalité infantile grâce à un meilleur suivi des femmes enceintes et à l’amélioration des soins à la naissance. Toutefois, des efforts supplémentaires s’avèrent nécessaires pour remédier aux inégalités entre les milieux rural et urbain.









