La commission chargée de piloter la réforme de la Moudawana a annoncé il y a quelques jours le bouclage de la première étape du process, à savoir la collecte des visions, avis, opinions et propositions d’un large éventail d’acteurs.
Associations et société civile, partis politiques, instances et institutions diverses, publiques comme privées, ont été écoutés dans un exercice de concertation assez singulier qui reflète le degré de sensibilité du dossier. La réforme du Code de la famille n’est pas seulement une affaire de juristes avec le législateur mais véritablement le dossier sociétal par excellence qui suscite les débats les plus passionnés.
En 2004, la première refonte de la Moudawana s’était accompagnée en amont et en aval d’une dynamique sans précédent et, parfois même, sur des sujets qu’on croyait tabous. Aujourd’hui, au moment de la deuxième réforme, la société marocaine a naturellement évolué en termes de maturité, de prise de conscience et d’ouverture au débat et elle sera probablement plus disposée à pousser encore plus loin le champ du possible tout en préservant les valeurs qui font son socle solide.
La tolérance, l’acceptation de l’autre et de la différence ne sont pas forcément antinomiques avec les valeurs propres à la société marocaine puisées dans les traditions, la religion et la diversité ancestrale. C’est ce mariage subtil et réussi qui a d’ailleurs toujours fait la spécificité du Maroc…










