EditorialUne

Tendances lourdes

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La situation alarmante actuelle dans le domaine de l’eau est l’exemple qui illustre le mieux ce que peut coûter le manque d’anticipation ou encore l’inertie, volontaire ou involontaire, en matière de politiques publiques préventives.

Des projets qui auraient pu et dû être lancés et réalisés il y a dix ans pouvaient éviter au Maroc l’impasse actuelle. Aujourd’hui, en plus du caractère critique à gérer, le rattrapage du retard passé coûtera probablement bien plus que ce qu’il n’aurait coûté il y a dix ou quinze ans.

Le Maroc aurait pu se retrouver dans une situation similaire dans d’autres domaines tout aussi vitaux comme l’énergie, notamment l’électricité, ou les produits alimentaires sensibles tels que le blé si ce n’est le lancement anticipé de politiques et de stratégies qui ont permis au pays de se prémunir contre les aléas de la conjoncture. C’est le cas de tout ce qui a été fait et réalisé dans les énergies renouvelables, l’agriculture ou encore l’industrie.

Mais l’évolution erratique de la conjoncture mondiale qui va certainement s’aggraver dans les prochaines décennies imposera au Maroc de faire preuve encore de plus de capacité à se projeter dans des horizons lointains pour s’y préparer dès aujourd’hui. Dans quelques années, l’industrie automobile, par exemple, connaîtra un séisme majeur avec la quasi-généralisation de l’électrique dans certains marchés. La composante carbone deviendra le passeport obligatoire pour accéder à de grands marchés. Le Maroc doit dès à présent se doter d’industries performantes, d’infrastructures et des compétences qui pourront être compétitives au-delà de 2030.