La différenciation de poids entre les régions résulte d’une concentration élevée d’activités dans les zones urbaines et métropolitaines.
Etude : Cette analyse fournit une compréhension des gains potentiels de la participation du Maroc au commerce international grâce à la génération de valeur ajoutée incorporée dans les exportations étrangères par les pays commerçants étrangers.
Le poids significatif du commerce interrégional pour l’économie marocaine devrait être pris en compte en priorité. C’est ce que recommande Policy Center for the New South dans un récent article. Ce document cosigné par Elhoussaine Wahyana et Eduard Haddad fournit une décomposition de la valeur ajoutée dans la demande finale domestique et étrangère du Royaume et ce en laissant de côté la décomposition de la valeur ajoutée échangée dans les flux de commerce intérieur de consommation intermédiaire. La finalité étant de présenter une réinterprétation commune du modèle « entrée-sortie » en termes de relation entre la production brute, la demande finale et la génération de valeur ajoutée par les principaux partenaires commerciaux des régions marocaines. Il est également question de comprendre les gains potentiels de la participation du Maroc au commerce international grâce à la génération de valeur ajoutée incorporée dans les exportations étrangères par les pays commerçants étrangers. Cette étude tend en effet à répondre à deux principales questions. La première consiste à déterminer l’influence exercée par l’absorption intérieure et les exportations étrangères sur la génération de la valeur ajoutée dans les régions marocaines au moment où la seconde porte sur l’examen de la contribution de la valeur ajoutée régionale incorporée dans les composantes de la demande finale par source géographique. « L’analyse du commerce en valeur ajoutée révèle l’existence de différentes hiérarchies tant dans les systèmes de commerce interrégionaux qu’internationaux, ce qui peut avoir des implications négatives en termes d’inégalité régionale », indiquent les auteurs du document.
Et de préciser : « Comprendre ces différentes hiérarchies liées au commerce des interactions interrégionales et des transactions internationales est indubitablement important comme base pour une meilleure mise en œuvre des politiques de développement». Se référant à l’étude, la différenciation de poids entre les régions résulte d’une concentration élevée d’activités dans les zones urbaines et métropolitaines. Les politiques d’atténuation devraient tenir compte des interactions interrégionales pour mieux comprendre comment les économies régionales sont interdépendantes et comment elles sont influencées par les demandes finales internationales et nationales. Les auteurs recommandent également à ce que les politiques publiques mettent davantage l’accent sur l’importance de secteurs spécifiques à grande échelle en termes de stimulation de la croissance économique, notamment l’industrie immobilière et le secteur agricole. Il est à rappeler que cette étude a mis en exergue le rôle vital joué par le Grand Casablanca-Settat en tant que stimulateur économique.
La région contribue en effet de manière élevée à la génération de valeur ajoutée dans d’autres régions et au commerce extérieur marocain. «Il est évident que les impacts du commerce interrégional liés à l’économie du Grand Casablanca-Settat diffèrent de ceux des autres économies régionales», peut-on relever de l’étude. Et d’ajouter que «certaines régions marocaines, notamment Dakhla-Oued Eddahab et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, se spécialisent dans des activités davantage orientées vers les exportations étrangères, rendant leur croissance économique et leur développement dépendants de leur capacité à concurrencer sur les marchés internationaux d’exportation, en plus de leurs marchés nationaux ». Les auteurs de cette analyse estiment par ailleurs que les régions bénéficient de manière inattendue davantage du commerce interrégional en termes de solde commercial net, ce qui influence significativement les activités des autres économies régionales à travers la chaîne d’approvisionnement.
Citons dans ce sens les régions de Marrakech-Safi, Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra.










