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Hydrogène vert, énergies renouvelables… Projections sur l’adaptation carbone à l’exportation des produits marocains

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La décarbonation est toujours au centre des débats. Entre autres, la conférence, qui vient de lui être consacrée par l’Asmex et d’autres partenaires, met le point sur l’angle industriel. En voici un round-up.

Elle prend un nouvel envol au Maroc. Et elle ressort à chaque débat. Ce n’est autre que l’industrie qui vient d’être abordée, le temps d’une conférence, initiée par l’Association marocaine des exportateurs (Asmex), à El Jadida, en partenariat avec Engie, Bureau Veritas avec l’appui de la Banque Populaire. Cette rencontre, ayant pour thème «Décarbonation des industries exportatrices : parcours et échéances», a mis en lumière les enjeux et opportunités du nouveau MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), le bilan carbone et certification ainsi que les solutions renouvelables (solaire, éolien, biogaz, hydrogène vert).

«Le Maroc et ses entreprises ont un énorme potentiel dans la course mondiale à la décarbonation !», affirme Loïc Jaegert-Hubert, président de la commission Energies propres à l’Asmex, et directeur régional et financier d’Engie North Africa. «il est important de souligner que la décarbonation ne peut pas être envisagée de manière isolée. Elle doit être considérée comme un aspect systémique et global de la transformation de nos économies», poursuit-il. Selon lui, il est donc impératif d’aller vers une approche collective, collaborative et concertée entre les acteurs des diverses chaînes de valeur industrielles, afin de maximiser l’efficacité des efforts de décarbonation.

Pour ce faire, ces industries doivent être équipées des technologies les plus modernes et les plus propres pour réduire leur empreinte carbone et permettre une transition efficace vers les énergies renouvelables. Le président de la commission Energies propres souligne que la décarbonation industrielle va au-delà des aspirations environnementales, elle a également de nombreux intérêts économiques comme la création d’emplois, l’amélioration de la compétitivité, l’attractivité et l’intégration régionale et africaine du Maroc. En tant que pays exportateur, le Maroc est directement concerné par le MACF, résolution votée par le Parlement européen en octobre dernier, visant à atteindre la neutralité carbone et à lutter contre le changement climatique. Aujourd’hui, 65 % des exportations marocaines sont à destination de l’Union européenne et cette nouvelle résolution permettra à l’UE d’imposer ses normes environnementales aux entreprises exportatrices à partir de 2026. Le Maroc est donc contraint de s’adapter et de redoubler d’efforts en matière d’énergies vertes, mais aussi de considérer les opportunités offertes par ce changement.

Il est à souligner que la décarbonation améliore la compétitivité des entreprises en leur permettant de répondre à la demande croissante de pratiques durables, tout en réduisant les coûts de production et la dépendance énergétiques. Elle est aussi un véritable levier d’attractivité des investissements.
Pour l’instant, les principaux secteurs concernés sont le fer et l’acier, l’aluminium, le ciment, l’engrais, l’électricité et l’hydrogène, néanmoins ce dispositif est progressif, et de plus en plus des secteurs seront concernés. Certaines mesures peuvent être prises dès aujourd’hui par les exportateurs marocains lors de cette phase transitoire. En effet, les importateurs européens seront amenés à acheter des certificats liés aux émissions de CO2, dont le coût dépendra du marché européen du carbone.

Les exportateurs marocains devront donc transmettre leurs données d’émissions aux importateurs pour éviter l’application de valeurs par défaut plus élevées.