Les précipitations qui ont touché différentes régions du Royaume en ce début d’année ont ravivé les espoirs des agriculteurs.
Conjoncture : Malgré la persistance du stress hydrique, la DEPF estime dans sa note de conjoncture que les dernières précipitations significatives seront bénéfiques pour l’ensemble des filières, notamment pour la production du fourrage et des cultures printanières.
Les tendances sectorielles relevées par la Direction des études et prévisions financières (DEPF) augurent d’une reprise de l’activité agricole, notamment grâce à la légère amélioration des conditions climatiques durant les mois de février et mars. Les précipitations qui ont touché différentes régions du Royaume en ce début d’année ont ravivé les espoirs des agriculteurs. Au 19 mars courant, le taux de remplissage des barrages s’est établi à 26,7%. Malgré la persistance du stress hydrique, la DEPF estime dans sa note de conjoncture que les dernières précipitations significatives seront bénéfiques pour l’ensemble des filières, notamment pour la production du fourrage et des cultures printanières. «Ces précipitations devraient également renforcer la nappe phréatique et les réserves hydriques au niveau des barrages nationaux, sans pour autant résorber l’important déficit hydrique de ces dernières années», peut on relever de la publication de la DEPF. Et de rappeler que «le taux de remplissage des principaux barrages nationaux est passé de 23,2% au 19 janvier 2024 à 26,7% au 19 mars 2024. Ce taux demeure toutefois faible, comparé à celui enregistré à la même date de l’année précédente (34,9%)».
Pour ce qui est du couvert végétal, une progression est observée au niveau de trois régions du Maroc.
Citons en l’occurrence Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès et Béni-Mellal-Khénifra. Toutefois, l’état du couvert végétal au niveau national a été à fin février inférieur à celui de l’année précédente, à l’exception de celui de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima qui s’est amélioré, en comparaison avec la même date de l’année précédente. Rappelons que les exportations du secteur de l’agriculture et agroalimentaire ont généré un chiffre d’affaires de 8,4 milliards de dirhams, à fin janvier 2024, en diminution de 1,2% en une année, après une consolidation de 12,1% un an plus tôt. «Cette évolution est attribuable au repli des exportations de l’industrie alimentaire de 3,4% et de celles des produits d’agriculture, sylviculture et de chasse de 0,6%», explique la DEPF dans sa note de conjoncture. Pour ce qui est de l’activité de la pêche côtière et artisanale, elle a affiché une contraction aux deux premiers mois de l’année. Le volume des débarquements a ainsi accusé un repli de 21,6% à fin février et ce après une hausse de 15,2% un mois plus tôt et de 2,1% l’année précédente. «Ce recul est imputable, essentiellement, à la baisse des captures de poissons pélagiques de 34,5%, atténuée par le renforcement de celles des céphalopodes (+16,5%) et des algues (+85,2%). Quant aux captures de poissons blancs, elles ont connu une quasi-stagnation (+0,1%).
En valeur marchande, ces débarquements ont reculé de 1,6% à fin février 2024, après +18,7% le mois précédent et +1,2% un an auparavant», commente la DEPF. Et de poursuivre : «Ce repli s’explique, notamment, par la diminution de la valeur des débarquements de poissons pélagiques de 7,4%, de crustacés de 18,8% et des poissons blancs de 2,8%, conjuguée à l’augmentation de celles des céphalopodes de 0,7% et des algues de 36,7%».
Comportement favorable de l’énergie électrique
Electricité S’agissant du secteur secondaire, la DEPF observe un comportement favorable de l’énergie électrique en ce début d’année. On note une hausse de 9,4% à fin janvier et ce après une baisse de 6% en janvier 2023. «Cette évolution s’explique par la hausse de la production privée de 10,9% et de celle des énergies renouvelables relatives à la loi 13-09 de 31,5%, conjuguée à la baisse de la production de l’ONEE de 0,8%, après -8,3% un an plus tôt», peut-on lire de la note de conjoncture de la DEPF. Pour ce qui est des échanges du secteur de l’énergie électrique avec l’extérieur, le volume importé s’est contracté de 21,8% au premier mois de l’année, après une hausse de 237% une année auparavant. Quant au volume exporté, il s’est renforcé de 308% après une baisse de 80,8% et ce, dans un contexte d’accroissement du volume de l’énergie de 5,8% après une amélioration de 0,8%. Il est à noter que ce début d’année est marqué par l’amélioration de la consommation de l’énergie électrique. Selon les données formulées par la DEPF, on note une progression de 2,8% à fin janvier 2024, après une hausse de 1,7% un an auparavant. Commentant cette évolution, la DEPF évoque dans ce sens le renforcement des ventes de l’énergie de basse tension de 21,1%, atténué par la baisse des ventes de l’énergie de «très haute, haute et moyenne tension, hors distributeurs» de 2,4% et de celles destinées aux distributeurs de 2,9%.
Le secteur de la construction renaît de ses cendres
Relance Parmi les tendances positives relevées au niveau sectoriel en ce début d’année, on cite le redressement des ventes de ciment. Un accroissement tiré par la tendance favorable de l’activité de construction observée ces derniers mois. A cet égard, les ventes de ciment se sont consolidées de 8,5% au mois de février et ce après une progression de 6,6% au mois de janvier et une baisse de 10,7% en février 2023. On note par ailleurs une augmentation des ventes de l’ordre de 7,5% au titre des deux premiers mois de l’année contre 8,4% une année auparavant. Dans les détails, la DEPF explique que cette amélioration bénéficie de la bonne dynamique des livraisons des segments du bêton prêt à l’emploi. Ces dernières ont progressé de 18,3% au moment où celles de l’infrastructure ont connu une hausse de 61%. On relève également une progression de 1,3% des livraisons du segment de la distribution et de 5,8% de celles du préfabriqué. Rappelons qu’un nouveau segment du mortier a été introduit à partir de janvier 2024. Ce dernier a contribué à hauteur de 7% à la progression totale des ventes du ciment au titre des deux premiers mois de l’année. Ces indicateurs témoignent de la reprise du secteur de la construction qui a longtemps souffert de crises conjoncturelles. Notons que pour favoriser cette relance, plusieurs projets verront le jour incessamment dont des projets de grandes envergures, notamment ceux programmés dans le cadre des préparatifs de la CAN 2025 et du Mondial 2030. A cela s’ajoutent également le programme de reconstruction et d’aménagement des zones sinistrées par le séisme d’Al Haouz et celui d’aide directe à l’acquisition du logement principal qui a été lancé début 2024..









